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Lors d'un discours à la Nation, dimanche, le président Barack Obama a réaffirmé sa détermination à anéantir l'organisation de l'État islamique. Selon le chef d'État, la menace est entrée dans une nouvelle phase après la fusillade de San Bernardino.

Après la fusillade de San Bernardino, Barack Obama a promis, dimanche 6 décembre, de "traquer les terroristes" où qu'ils soient et de vaincre l'organisation de l'État islamique (EI) afin de rassurer ses concitoyens.

"La menace du terrorisme est réelle, mais nous la vaincrons. Nous détruirons l'EI et toute autre organisation qui chercherait à nous nuire", a-t-il ainsi lancé lors d'une allocution solennelle prononcée dans le Bureau ovale, pour la troisième fois seulement depuis son arrivée au pouvoir.

Le président des États-Unis a également appelé ses compatriotes à ne pas céder à la peur ou à la tentation de stigmatiser les musulmans. "L'EI ne parle pas au nom de l'islam, ce sont des voyous, des tueurs", a-t-il insisté, appelant à considérer les musulmans comme des alliés plutôt qu'à "les repousser à travers la suspicion ou la haine".

Alors que le camp conservateur et certains élus démocrates réclament davantage de fermeté à l'égard de l'EI depuis la fusillade en Californie, le chef de la Maison blanche a répété que les États-Unis ne se laisseraient pas entraîner dans une "longue et coûteuse" guerre au sol en Irak et en Syrie, où une coalition menée par Washington bombarde les jihadistes depuis plus d'un an.

"La menace terroriste est entrée dans une nouvelle phase"

La semaine dernière, Syed Rizwan Farook et son épouse pakistanaise Tashfeen Malik ont tué 14 personnes dans un centre social de San Bernardino en Californie, avant d'être abattus par la police. Sans réellement revendiquer la tuerie, les djihadistes de l'EI en ont attribué samedi la responsabilité à deux de leurs "partisans".

"Il s'agissait d'un acte terroriste destiné à tuer des innocents", a réagi Barack Obama. "La menace terroriste est entrée dans une nouvelle phase", a-t-il poursuivi, notant que L'EI "empoisonne" désormais les esprits via Internet. Mais selon lui, rien ne prouve que les tireurs de San Bernardino aient agi sur ordre d'un mouvement étranger ou qu'ils appartiennent à une cellule locale plus importante. "Mais il est clair que ces deux personnes avaient suivi la voie délétère de la radicalisation", a-t-il précisé.

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Les enquêteurs étudient la piste d'une radicalisation de Farook par son épouse, une thèse qui pourrait être confortée par le fait que Tashfeen Malik avait fréquenté l'une des écoles coraniques les plus connues du Pakistan, pour les musulmanes cherchant à approfondir leur foi. Cette madrasa, l'institut Al-Huda, n'a pas de lien connu avec des organisations extrémistes, mais a été critiquée pour avoir diffusé une idéologie proche de celle des Taliban selon ses détracteurs.

Le couple de tueurs, disposant de fusils d'assaut, de milliers de munitions et d'engins explosifs, a arrosé de balles un déjeuner de Noël rassemblant des collègues. Le président a de nouveau plaidé pour une réforme de la législation sur les armes à feu, qui se heurte à la farouche hostilité du camp républicain. "Nous devons aussi faire en sorte qu'il soit plus difficile d'acheter de puissants fusils d'assaut comme ceux qui ont été utilisés à San Bernardino (...) Nous pouvons et nous devons faire en sorte qu'ils aient plus de mal à tuer", a-t-il expliqué.

Il a aussi invité les acteurs des nouvelles technologies à coopérer plus étroitement avec les pouvoirs publics pour permettre l'identification des extrémistes locaux qui envisagent de passer à l'action, ce qui risque de relancer le débat sur l'équilibre entre sécurité et respect de la vie privée.

Vives critiques du camp républicain

En réponse à ce discours, ses adversaires républicains ont été prompts à dénoncer l'absence d'annonces nouvelles. "L'ennemi s'adapte, nous devons le faire aussi. C'est pourquoi ce que j'ai entendu ce soir était si décevant : pas de nouveau plan, juste une tentative peu convaincante de défendre une politique vouée à l'échec", a réagi Paul Ryan, président de la Chambre des représentants.

"C'est tout ?", a ironisé le magnat de l'immobilier Donald Trump sur Twitter. "Il nous faut un nouveau président, et VITE !", a ajouté celui qui est actuellement en tête dans la course à l'investiture républicaine.

Avec AFP et Reuters