Karim Benzema est sorti du silence. L'attaquant des Bleus, mis en examen dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, a dénoncé, mercredi, un "acharnement médiatique" et estime que son coéquipier en Bleu "s'est fait retourner le cerveau".
L’intervention de Karim Benzema était particulièrement attendue. L’attaquant star du Real Madrid et des Bleus, mis en examen dans le scandale de la sextape de Mathieu Valbuena, est revenu sur l’affaire dans une interview diffusée sur la chaîne TF1 mercredi 2 décembre.
Au cours de cet entretien, Karim Benzema a tenu des propos globalement similaires à ceux qui ont filtré de son audition par la juge Nathalie Boutard le 5 novembre, et dont la retranscription a été publiée par le quotidien "Le Monde" mercredi matin.
Invité à se prononcer sur la récente sortie du Premier ministre français, Manuel Valls, à son endroit, Benzema n’a pas transigé. "C’est de l’acharnement, il n’y a rien d’autre à ajouter, a-t-il regretté. On m’accuse, on me traîne dans la boue dans tous les sens comme si j’étais un criminel. Ce sont des choses horribles."
"J’ai rien fait. Moi, je ne suis pas coupable. […] Je ne joue pas à un jeu, je suis là pour être sincère. J’espère que ça va bien se terminer, qu’on va tous être bien, que ça soit Mathieu, moi, mon ami, et qu’on retourne en équipe de France pour gagner cet Euro-2016", a déclaré le joueur.
L’attaquant madrilène est également revenu sur la divulgation d’une conversation qu’il avait tenue avec son ami Karim Zenati, lui aussi mis en examen dans cette affaire. "La seule chose que je regrette, c’est au téléphone, d’avoir pris ça à la rigolade avec mon ami. Je m’en excuse auprès de lui et de sa famille. Au téléphone, on déconne, on fait un peu les acteurs un peu… […] J’aurais voulu rentrer en contact avec lui pour lui présenter mes excuses sur ce point, où l’on s’est un peu emportés."
Valbuena "s’est fait retourner le cerveau"
S’il a reconnu qu’il "comprenait" la déception de Mathieu Valbuena, il a toutefois estimé que son coéquipier en Bleu s’était "fait retourner le cerveau, avec toutes les interviews et tout a été mis en place (sic)" depuis le début de l’affaire.
Benzema est également revenu sur la discussion qu’il a eue avec Valbuena le 6 octobre, lors d’un rassemblement des Bleus : "C’est simple. J’entends qu’il y a une vidéo qui tourne sur lui, donc je viens le mettre au courant. Mais il a l’air d’être déjà au courant de cette histoire. Je lui dis que je peux l’aider, que j’ai un ami qui est à Lyon [Karim Zenati, NDLR]. Je lui demande s’il a prévenu sa famille… Le plus important, c’est sa famille… […] Sincère, je lui parle avec le cœur (sic). Je lui dis que j’ai déjà eu des affaires comme ça, et qu’à l’époque, j’avais prévenu la police. Il me dit alors que lui aussi a prévenu la police."
"Quand j’entends que j’ai fait du chantage, que je lui ai demandé de l’argent… Ça me rend fou, renchérit le numéro 9 des Bleus. Je n’ai pas besoin d’argent, mon ami non plus, et quand je rends un service, c’est sans rien demander en retour."
"En fait, je ne comprends même pas pourquoi j’ai été en garde à vue, explique le joueur, qui a passé la nuit au siège de la PJ de Versailles le 4 novembre. Pourquoi ils m’ont sali, pourquoi j’ai dormi là comme un malpropre, alors que c’est moi-même qui ai demandé à être entendu. Je suis arrivé là-bas, je me suis retrouvé en garde à vue… J’ai rien compris en fait."
Le 5 novembre dernier, suite à son audition, Karim Benzema a été mis en examen des "chefs de complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs, en vue de la préparation d'un délit puni d'au moins cinq ans d'emprisonnement". Il lui est depuis interdit d’entrer en contact avec les autres personnes impliquées dans cette affaire, notamment la victime Mathieu Valbuena. Les deux joueurs n’ont pas pris part aux derniers rassemblements des Bleus.