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Trois concurrents se manifestent pour reprendre Opel

Les offres de l'italien Fiat, du canadien Magna et de la holding RHJ International pour la reprise du constructeur Opel ont été remises dans les délais auprès du géant américain General Motors, qui détient la marque allemande.

AFP - Le constructeur automobile General Motors Europe a annoncé mercredi soir que l'Italien Fiat, l'équipementier automobile canadien Magna, et la holding RHJ International avaient déposé une offre de reprise pour sa marque allemande Opel.

"Les trois (candidats) pressentis ont tous déposé une offre formelle. Il n'y a pas eu de surprise" de dernière minute, a expliqué le porte-parole de General Motors Europe à l'AFP.

Le constructeur italien Fiat avait déjà annoncé en fin d'après-midi le dépôt d'une offre de reprise d'Opel et de la marque britannique Vauxhall, également propriété de General Motors.

Les deux autres candidats à la reprise seront l'équipementier automobile canadien Magna, adossé au constructeur russe GAZ, et la holding basée à Bruxelles RHJ International, dont le premier actionnaire est le fondateur du fonds d'investissement américain Ripplewood.

Fiat, qui vient de finaliser une alliance avec Chrysler, veut présenter une offre qui ne sera pas en numéraire mais basée sur l'apport d'actifs, pour ne pas s'endetter au-delà des 19 milliards d'euros qui plombent déjà ses comptes.

Selon un projet baptisé "Phoenix", dévoilé par les syndicats, Fiat prévoit de fermer six usines en Europe -- y compris en Italie -- et en Amérique du Sud, avec environ 10.000 suppressions d'emplois.

Résultat, l'Italien, dont le patron Sergio Marchionne a multiplié ces derniers jours les entretiens en Allemagne, suscite une vive opposition des syndicats d'Opel.

Ceux-ci ont une préférence pour Magna, qui veut se lancer dans la production de voitures en propre. Il monte déjà des véhicules pour d'autres marques.

Quant à RHJ International, qui officiellement décline tout commentaire, "ils ont un concept très intéressant", a déclaré Klaus Franz, le chef du comité d'entreprise d'Opel, au Financial Times de mercredi.

Parallèlement, les 4.000 concessionnaires européens d'Opel se sont dit prêts à prendre entre 10 et 20% de leur marque, dans le cadre d'un accord plus global avec un investisseur.

En dernier ressort, c'est l'américain GM qui décidera à qui il vendra sa marque européenne, dont il veut garder une participation minoritaire.

Mais depuis plusieurs semaines, Berlin s'est beaucoup impliqué dans le sauvetage d'Opel. A cinq mois des élections générales, le dossier est devenu un enjeu de campagne entre les conservateurs et les sociaux-démocrates de la coalition au pouvoir.

Une décision sur le futur investisseur est attendue au plus tard en début de semaine prochaine, a précisé mercredi devant des journalistes Olaf Scholz, ministre du Travail. "Nous n'avons pas beaucoup de temps", a-t-il ajouté.

Une fois le candidat choisi, le "processus pourrait durer jusqu'au quatrième trimestre", en raison de la complexité juridique du dossier, a cependant prévenu le patron de GM Europe, Carl-Peter Forster, dans le magazine Auto Motor und Sport.

Le temps de finaliser une reprise, le gouvernement est donc prêt à mettre en place une société fiduciaire, chargée de gérer temporairement Opel, qui emploie 25.000 personnes dans le pays. Dans ce cadre, les Etats régionaux et l'Etat fédéral se sont entendus pour accorder 1,5 milliard d'euros de crédits, via leurs établissements bancaires respectifs.