logo

L’opposition russe appelle à une marche en mémoire de Boris Nemtsov

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues, dimanche, à Moscou, pour une marche en hommage à Boris Nemtsov, adversaire virulent de Vladimir Poutine assassiné dans la nuit de vendredi à samedi à quelques pas du Kremlin.

Une marche est organisée, dimanche 1er mars, dans le centre de Moscou en mémoire de Boris Nemtsov, figure de l’opposition russe, dont l'assassinat, près du Kremlin dans la nuit de vendredi à samedi, a ravivé les inquiétudes concernant le sort de ceux qui critiquent le pouvoir.

L'opposition a noté que les autorités de la ville de Moscou avaient donné leur feu vert à une marche de 50 000 personnes maximum, qui se mettra en branle à 15 heures (heure locale, 12 h GMT). Les organisateurs ont toutefois estimé qu'un nombre plus élevé de personnes pourrait participer à cette marche le long de la rivière Moskova.

Samedi, des milliers de Russes ont déposé des bouquets de fleurs et allumé des bougies sur le pont de Moscou où l’opposant a été assassiné vendredi soir, à quelques pas du Kremlin.

Âgé de 55 ans, Boris Nemtsov avait été premier vice-Premier ministre du président Boris Eltsine à la fin des années 90. Après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, il était devenu l'un des plus farouches opposants au Kremlin. Un temps considéré comme candidat potentiel à la présidence de la Russie, il était également un critique virulent de l'implication de la Russie dans le conflit en Ukraine.

Boris Nemtsov, qui devait participer ce dimanche à une grande manifestation de l'opposition à Moscou, est l'opposant le plus en vue assassiné depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, il y a 15 ans.

Le président russe, qui s'est empressé de condamner ce meurtre, s'est engagé samedi à tout faire pour châtier les assassins de Nemtsov, dont le meurtre a choqué les dirigeants occidentaux tandis que les alliés du Kremlin ont dénoncé une "provocation" visant à "déstabiliser le pays".

Cynisme

Le Comité d'investigation russe, placé sous l'autorité directe du président, a dit envisager plusieurs possibilités, dont la piste islamiste, en insistant sur le fait que Nemtsov était juif, et celle du conflit ukrainien. Mais il n'exclut pas non plus une possible tentative de déstabilisation du pouvoir par l'opposition elle-même afin de mobiliser pour la manifestation qui était prévue dimanche.

Certains opposants ont estimé que de telles hypothèses illustraient le cynisme du pouvoir russe, jugeant que ce dernier entretenait le nationalisme pour souder la population autour de sa politique en Ukraine et ne le tienne pas coupable de la crise économique. "C'est un coup dur pour la Russie. Si les opinions politiques sont sanctionnées de cette manière alors ce pays n'a plus d'avenir", a dit Sergueï Mitrokhine, un responsable de l'opposition.

Avec la marche de dimanche, l'intention de Boris Nemtsov était de remobiliser l'opposition à Vladimir Poutine, même si nombre de critiques du président russe, qui tient les rênes du pouvoir depuis 2000, se résignent déjà à sa réélection en 2018.

Leonid Volkov, l'un des organisateurs de la marche, a souligné que l'objet de la manifestation avait été modifié à la suite de l'assassinat de Boris Nemtsov.

"La marche (...) que nous avions prévue, avec des drapeaux et des ballons ne convient pas à ce moment tragique, à l'importance de la figure de Nemtsov et à l'ampleur de la ligne rouge que nous avons maintenant franchie", a-t-il dit.

Avec Reuters et AFP