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Le roi Abdallah d'Arabie saoudite est mort, Salmane lui succède

Hospitalisé depuis le 31 décembre, le roi Abdallah d'Arabie saoudite est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à l'âge d'environ 90 ans, a annoncé le royaume dans un communiqué. Son demi-frère le prince Salmane, 79 ans, lui a succédé.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite est mort, a rapporté la télévision publique saoudienne, tôt vendredi 23 janvier. Souffrant d'une pneumonie, le monarque avait été hospitalisé le 31 décembre à Riyad.

"Avec une grande tristesse, son Altesse Royale, le prince héritier Salmane Ben Abdel Aziz al-Saoud et tous les membres de la famille ainsi que la nation expriment leurs condoléances au gardien des deux mosquées sacrées, le roi Abdallah Ben Abdel Aziz al-Saoud, qui est décédé à 01H00 vendredi" (jeudi à 23 h à Paris), a annoncé un présentateur à la télévision d’État.

C'est donc son demi-frère, le prince Salmane, âgé de 79 ans, qui a pris sa succession sur le trône du premier pays exportateur de pétrole et acteur-clé du Moyen-Orient. Ce dernier avait été nommé prince héritier en juin 2012 et occupait notamment le poste de ministre de la Défense depuis octobre 2011. À la suite de cette succession, Moqren, autre demi-frère d'Abdallah, devient à son tour prince héritier, a précisé un communiqué du palais.

Le roi Abdallah sera enterré vendredi après les prières de l'après-midi et les citoyens seront invités à prêter allégeance au nouveau roi et au prince héritier, a précisé la déclaration officielle sur la disparition du souverain.

Un garant de la stabilité

Âgé d'environ 90 ans - sa date de naissance exacte est inconnue -, Abdallah a officiellement gouverné le royaume saoudien pendant une décennie, mais il en tenait en réalité les rênes depuis l'attaque cérébrale dont avait été victime son demi-frère, le roi Fahd, dix ans plus tôt. L'âge avancé du souverain et ses multiples hospitalisations alimentaient régulièrement les rumeurs sur l'avenir du royaume saoudien. Ces derniers temps, ses apparitions publiques étaient devenues de plus en plus rares, et il se faisait régulièrement représenter par le prince Salmane Ben Abdel Aziz, comme lors du dernier sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) début décembre au Qatar.

Le président américain Barack Obama a très vite rendu hommage au roi Abdallah, saluant un ami précieux et un dirigeant "sincère" ayant pris des décisions courageuses au Moyen-Orient. Le chef de l'État français François Hollande a "salué la mémoire d'un homme d'État, dont l'action a profondément marqué l'histoire de son pays et dont la vision d'une paix juste et durable au Moyen-Orient reste plus que jamais d'actualité". En 2002, la Ligue arabe avait adopté un plan saoudien pour la paix entre Israël et l'ensemble des pays arabes qui fait toujours référence aujourd'hui.

Abdallah a certes gardé la première puissance pétrolière mondiale à l'abri des crises du monde arabe, mais a déçu les attentes des réformateurs, notamment sur la place de la femme dans la société. De fait, il s'est souvent trouvé tiraillé entre les ailes libérale et conservatrice de la famille royale, ce qui a certainement paralysé son action.

Avec AFP