En conférence de presse, jeudi, l'entraîneur de Bordeaux Willy Sagnol a expliqué qu'il était désolé d'avoir "choqué ou blessé" par ses récentes déclarations sur les joueurs africains. Il avait suscité la polémique deux jours plus tôt.
"Si par mon manque de clarté ou ma sémantique imparfaite, j’ai pu choquer des personnes, j’en suis désolé." En conférence de presse, jeudi 6 novembre, l’entraîneur des Girondins de Bordeaux Willy Sagnol n’a pas traîné à évoquer la polémique dont il fait l’objet depuis deux jours.
"Au début, je ne voulais pas y croire", a expliqué l’ancien latéral international, face aux journalistes. Sagnol, qui est apparu marqué en conférence, a lu un texte avant de répondre à quelques questions.
"Je n’ai en aucun cas voulu parler de l’intelligence des individus au sens propre. […] L’interprétation de ces mots qui a été faite ne reflète en rien ma pensée et mes convictions humanistes. Mon débat était sportif", a-t-il martelé, regrettant que "malheureusement, et comme c’est souvent le cas, ce débat purement sportif […] ait été déplacé sur la scène politique".
Sagnol a également insisté sur le fait que l’instrumentalisation de cette polémique ait été provoquée par des "personnes qui ne lisent pas les choses jusqu’au bout". Pour sa défense, l’entraîneur des Girondins a également rappelé qu’au cours de sa carrière, il avait fréquenté de nombreux vestiaires sans avoir "eu aucun problème avec qui que ce soit".
Il a également confirmé que l’incident était désormais clos au sein du vestiaire bordelais. "J’ai eu une discussion avec les joueurs hier soir, et je leur ai expliqué la même chose qu’à vous. Je crois que le sujet est clos. Certains se sont déjà exprimés dans les médias, ce qui montre bien qu’il n'y a aucun souci. Ce sont de grands garçons", a-t-il dit, en référence au soutien qu'il a reçu la veille de son attaquant sénégalais Henri Saivet.
Un comparatif tendancieux
Willy Sagnol, 37 ans, est au centre d’une polémique depuis lundi. "Tant que je serai entraîneur des Girondins, il y aura beaucoup moins de joueurs africains qui rejoindront les rangs de Bordeaux", avait-il alors confié dans une interview au quotidien "Sud-Ouest".
Il avait alors justifié cette sortie en évoquant notamment la Coupe d’Afrique des nations, où les internationaux africains, "une fois tous les deux ans, se barrent pendant deux mois", en janvier et février.
Des propos suivis d’une analyse plus tendancieuse. Sagnol avait estimé que le "joueur typique africain" était "un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain".
Un raccourci qu’il avait alors agrémenté d’un comparatif particulièrement osé : "Mais le foot ce n’est pas que ça. […] C’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline. Il faut de tout. Des nordiques aussi, c’est bien les nordiques, ils ont une bonne mentalité".