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Economies : Valls demande aux fonctionnaires de "participer à l'effort commun"

Le Premier ministre Manuel Valls a détaillé mercredi son "pacte de responsabilité". Parmi les différentes mesures annoncées, le gel du point d’indice des fonctionnaires et la non revalorisation des prestations sociales jusqu’en octobre 2015.

La cure d'austérité est sévère. Le Premier ministre Manuel Valls a présenté, mercredi 16 avril, son "pacte de responsabilité" visant à réaliser 50 milliards d'euros d'économies entre 2015 et 2017. Pour sortir le pays de l'ornière, le chef du gouvernement a notamment confirmé le gel du point d'indice des fonctionnaires - servant de base au calcul de leur rémunération - et annoncé la baisse des effectifs dans le service public – sauf dans l’Éducation nationale, la police et la Justice.

Pour rappel, le point d'indice des fonctionnaires est bloqué depuis 2010. "Je sais ce que nous devons aux fonctionnaires (...) Nous leur devons notre reconnaissance. Cependant, la situation nous oblige à leur demander de participer à l'effort commun", a souligné le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a notamment précisé que 18 milliards d’euros d’économies seraient réalisées sur les dépenses de l’État : 11 milliards sur les collectivités territoriales, 10 milliards sur les dépenses de santé et 11 milliards sur les autres dépenses de sécurité sociale. "Il n’est pas question, évidemment, de diminuer le montant des prestations sociales. Mais dans le contexte exceptionnel qui est le nôtre, elles ne seront pas revalorisées jusqu’en octobre 2015", a déclaré Manuel Valls.

Pas touche au Smic, au RSA et au minimum vieillesse

Sont concernées : les pensions du régime de retraite de base (1,3 milliard d’euros), et peut-être aussi les retraites complémentaires qui relèvent des partenaires sociaux (2 milliards d’euros). "Ces mesures temporaires épargneront les retraités dont les pensions sont les plus modestes puisque le minimum vieillesse continuera, lui, d’être revalorisé", a expliqué Manuel Valls qui promis de ne pas toucher aux minima sociaux (RSA, ASS, allocation adulte handicapé) qui continueront d’augmenter au rythme de l’inflation".

Manuel Valls a également écarté toute remise en cause du SMIC, après un nouveau débat sur l’opportunité de moduler le salaire minimum en temps de crise. "Nous devons redonner à notre tissu économique la capacité de mieux affronter la concurrence [...] sans qu'il soit besoin, et j'insiste sur ce point, de remettre en cause notre modèle social, nos règles sociales et [...] le Smic", a-t-il ajouté

Ces économies visent à réduire le déficit public de la France conformément à ses engagements européens et à financer la baisse additionnelle du coût du travail prévue dans le cadre du "Pacte de responsabilité et de solidarité".

"Inacceptables"

Ce plan d'économies a provoqué de nombreuses réactions politiques, dont celle ironique de Jean-Luc Mélenchon, le coprésident du Parti de gauche. "Valls fait l'huissier de la Commission européenne. La Commission a dit : Vous paierez. Valls commence la saisie", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Si le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux a jugé le plan "pleinement conforme aux valeurs de la gauche", Christian Paul, l'un des députés frondeurs qui avaient fait entendre leur voix avant le vote de confiance, a déclaré à l’AFP que de nombreux députés PS sont "atterrés" par les annonces de Manuel Valls qui sont "inacceptables en l'état sur le fond comme sur la forme".

Et d’ajouter : "Sur le fond, nous n'avons pas été élus pour organiser la perte de pouvoir d'achat des retraités, des fonctionnaires et des salariés qui bénéficient de prestations sociales". Le député de la Nièvre, proche de Martine Aubry, a annoncé qu’il votera contre "en l'état" le 30 avril le "programme de stabilité" des finances publiques.

Avec AFP et Reuters