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Amanda Knox peut-elle échapper à une extradition vers l'Italie ?

L'Italie, qui vient de condamner l'ex-étudiante américaine Amanda Knox pour le meurtre de sa colocataire, pourrait demander dans les prochains jours son extradition aux États-Unis. Ces derniers pourraient bien s'opposer à cette requête.

Les relations entre Rome et Washington pourraient en prendre un coup. Après la condamnation en appel d’Amanda Knox, jeudi 30 janvier, en Italie, pour le meurtre de sa colocataire britannique, les États-Unis devront sans doute, dans les prochains jours, répondre à une demande d'extradition de la jeune femme. Amanda Knox réside actuellement à Seattle, sa ville natale, depuis sa relaxe en appel lors d’un premier procès, en 2011.

"Si cette décision est confirmée, je pense qu'elle sera extradée en Italie", a affirmé le professeur de droit de Harvard, Alan Dershowitz, interrogé par l'AFP, alors que les avocats de la jeune femme ont annoncé leur intention de se pourvoir devant la Cour suprême italienne. Pour l’heure, Rome n’a pas demandé son extradition.

Amanda Knox a le droit d'engager une action en justice contre son extradition "mais ses chances de réussite ne sont pas très grandes", estime de son côté le professeur de droit international Julian Ku, à l'Université Hofstra. En vertu d’un traité d’extradition signé entre les deux pays en 1984, l'Italie et les États-Unis se sont engagés à "extrader toute personne, accusée ou déclarée, coupable d'une infraction donnant lieu à extradition ou de toute infraction passible d'une peine d'emprisonnement de plus d'un an".

Le "système judiciaire italien, même si je ne l'aime pas, est un système légitime. Nous avons un traité [d'extradition] avec l'Italie et je ne vois pas comment on pourrait renâcler", a ajouté le professeur Dershowitz. "Les États-Unis sont le pays qui extrade le plus dans le monde" et inversement, celui qui demande le plus d'extraditions, a-t-il précisé.

Principe de la double peine

Cette opinion ne fait pourtant pas consensus sur le sol américain. D’autres experts estiment, au contraire, que Washington pourrait s’opposer à l’extradition de la jeune femme. Ils arguent pour cela un argument simple : la "double jeopardy" ("double peine"). Aux États-Unis, en effet, il est impossible d’être jugé deux fois pour le même crime. Or la jeune femme a été reconnue coupable en 2009, puis acquittée en 2011. "L'extradition devrait être refusée", a estimé sur CNN Sean Casey, un ancien procureur américain.

"Je pense qu'il serait très désagréable pour les États-Unis de livrer une personne à un autre pays où la justice a déjà été rendue [en 2011]. Je ne pense pas que cela se produira", estime de son côté Joey Jackson, un avocat américain.

Amanda Knox a été condamnée à 28 ans et demi de prison et son ex petit-ami, qui réside en Italie, Raffaele Sollecito, a écopé de 25 ans de prison.

Avec AFP