
Alors que les partisans du nouveau président élu, Hassan Rohani, se sont rassemblés dans le centre de Téhéran, la communauté internationale s'est dite prête dans son ensemble à travailler avec lui, notamment sur le dossier nucléaire.
Immédiatement après l’annonce de la victoire de Hassan Rohani à l’élection présidentielle, un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre de Téhéran pour fêter son élection dès le premier tour. Ils arboraient des portraits de ce religieux modéré et lançaient des chants en sa faveur. Pascale Bourgaux, l'envoyée spéciale de FRANCE 24 a Téhéran, témoigne des "cris de joie" et des "scènes de liesse" qu'elle a pu observer.
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Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad a envoyé un message de félicitation au nouvel élu, tout comme le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. "Je félicite le peuple et le président élu", a écrit le numéro un iranien, en affirmant que "tout le monde devait aider le nouveau président et son gouvernement". Le numéro un iranien a également demandé à tout le monde d'éviter les "comportements inappropriés" de ceux qui veulent montrer "leur joie ou leur mécontentement", en faisant allusion aux partisans et adversaires du nouveau président.
Peu avant l'annonce officielle de sa victoire, des groupes de partisans - dont des dizaines de jeunes - avaient déjà commencé à se rassembler autour des locaux de campagne du candidat, dans le centre de Téhéran. "Vive la réforme, vive Rohani", scandaient certains d'entre eux, tandis que d'autres disaient "Au revoir" à Mahmoud Ahmadinejad.
Les principaux concurrents de Hassan Rohani, le maire conservateur de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef des négociateurs nucléaires Saïd Jalili, ont reconnu leur défaite et ont félicité le vainqueur.
Israël minimise le rôle du président iranien dans la politique nucléaire
Israël n'a pas tardé à réagir à l'annonce. L'État hébreu a minimisé le rôle du nouveau président, soulignant que c'est le Guide suprême qui décide de la politique nucléaire iranienne. "Le programme nucléaire de l'Iran a jusqu'à présent été décidé par Khameini, pas par le président iranien", a ainsi déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué. "Après les élections, l'Iran continuera d'être jugé sur ses actes, dans le domaine nucléaire comme dans celui du terrorisme. L'Iran doit se conformer aux demandes de la communauté internationale d'arrêter son programme nucléaire et de cesser la propagation du terrorisme dans le monde", ajoute le texte.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a par ailleurs implicitement remis en cause la modération attribuée au nouveau président iranien. "Le président élu en Iran a été sélectionné par l'ayatollah Khameini qui a disqualifié et empêché les candidats qui ne se conformaient pas à ses vues extrémistes de se présenter", a-t-il affirmé.
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Washington prêt à collaborer directement avec Téhéran
De leur côté, les États-Unis ont déclaré qu'ils "restaient prêts à collaborer directement" avec Téhéran sur la question du programme nucléaire iranien. La Maison Blanche a affirmé dans un communiqué qu'un tel engagement aurait "pour but de trouver une solution diplomatique qui apaiserait les inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien".
Paris et Londres insistent sur le nucléaire iranien
Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a salué dans un communiqué "l'inébranlable aspiration à la démocratie du peuple iranien. Les attentes de la communauté internationale à l'égard de l'Iran sont fortes, notamment sur son programme nucléaire et son engagement en Syrie", a souligné le chef de la diplomatie française. "Nous sommes prêts à y travailler avec le nouveau président iranien", a-t-il ajouté.
De l’autre côté de la Manche, Londres a appelé Hassan Rohani à "mettre l’Iran sur un nouveau chemin", notamment en "s'attelant aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien, en faisant avancer une relation constructive avec la communauté internationale et en améliorant la situation politique et des droits de l'Homme".
Et par la voix de Catherine Ashton, l'Union européenne s'est elle aussi dite "déterminée" à travailler avec Hassan Rohani sur la question nucléaire.
L'opposition syrienne demande à l'Iran de revoir sa position
En Italie, la ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino, a dit espérer pouvoir travailler avec le nouveau président "au développement des relations bilatérales et entamer sans délai une période de compréhension renouvelée et un dialogue constructif entre l'Iran et la communauté internationale".
L’opposition syrienne a quant à elle demandé au nouveau président élu iranien de revoir la position de son pays sur le conflit en Syrie. "La Coalition nationale syrienne estime qu'il est de son devoir d'appeler le nouveau président de l'Iran à rectifier les erreurs commises par la direction iranienne", affirme le communiqué, faisant allusion à l'appui de poids apporté par Téhéran à son allié régional.
Avec dépêches