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Où va l'Europe au rythme de la rigueur ?

Depuis le début de la crise des dettes souveraines, en 2010, les États européens tentent d’apurer leurs comptes publics à l'aide de plans de rigueur. Sans grand succès. Passage en revue des "chiffres noirs" de l'austérité.

La plupart des indicateurs sont formels : en 2013, la récession devrait continuer à faire la pluie et le mauvais temps en zone euro. Une absence de croissance qui devrait se traduire par une aggravation du chômage qui a déjà dépassé, dans la zone euro, les 11% de la population active en 2012.

Cette détérioration du marché du travail est imputée à la rigueur que s’impose la majorité des pays européens. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) évoque même, dans ses prévisions pour 2013, une "débâcle de l'austérité".

Depuis 2010 et le premier plan de sauvetage à la Grèce, l’Europe tout entière - à l’exception notable de l’Allemagne - s’est mise à traquer les déficits en multipliant les plans d’économies. L’objectif affiché est de rentrer, à un horizon plus ou moins lointain, dans les clous des fameux critères de Maastricht qui préconisent un déficit maximum de 3 % du produit intérieur brut (PIB).

Ainsi, l’Espagne cherche, depuis 2012, à faire plus de 100 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Le gouvernement français de François Hollande a également mis en branle, en septembre 2012, un plan de rigueur “historique” de 30 milliards d’euros. Rome, de son côté, a voté en septembre 2011 un plan d’économies de 54 milliards d’euros d’ici la fin de 2014.

Autant d’efforts qui n’ont pourtant pas permis aux principales capitales européennes d’atteindre les objectifs de réduction de déficit négociés avec Bruxelles. Ainsi, Paris vient d’abandonner l’idée d’atteindre un déficit de 3 % du PIB à la fin de 2013. Madrid n’en finit pas de renégocier avec la Commission européenne son calendrier de baisse des déficits et ne devrait pas réussir non plus à atteindre le nouvel objectif de 6,3 % arraché à l’Union européenne fin 2012.