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Suzy Favor Hamilton, l’athlète olympique devenue escort-girl

Un journal américain a révélé que l'ancienne coureuse de demi-fond Suzy Favor Hamilton se prostituait depuis un an. "Une échappatoire, explique-t-elle, pour palier une vie contre laquelle [elle] luttait."

C’est le site américain The Smoking Gun qui a, le premier, dévoilé la double vie de Suzy Favor Hamilton. L’athlète, sacrée championne des États-Unis en demi-fond à sept reprises dans les années 1990, "vend ses charmes pour 600 dollars de l’heure depuis décembre 2011" sous le nom de Kelly Lundy, à Los Angeles, Chicago, Houston et Las Vegas.

L’intéressée, âgée de 44 ans, a confirmé cette semaine l’information sur son compte Twitter : "J'ai réalisé que j'avais pris des décisions hautement irrationnelles et j'en suis pleinement responsable. Je ne suis pas une victime et sais ce que je faisais". Suzy Favor Hamilton vit avec sa fille de 7 ans et son mari avocat dans une maison estimée à 600 000 dollars à Madison, dans le Wisconsin. Elle a eu l’occasion de faire de la publicité pour Disney et Nike.

Interrogée par le reporter de The Somking Gun, elle a expliqué avoir fait une “énorme erreur” avant de qualifier le travail d’escort-girl d’“excitant” et "d’échappatoire à sa petite routine". "Je suis entrée dans ce métier en grande partie parce qu'il me procurait les moyens de traverser une période difficile de mon mariage et de ma vie. Il me fournissait une porte de sortie à la vie qui m'étouffait. C'était une double vie. Mais il avait du sens pour moi à l'époque où je frôlais la dépression", a-t-elle poursuivi.

Ces dernières années, Favor Hamilton a confié à plusieurs médias avoir dû lutter contre de vieux démons qui ont hanté sa vie. Elle a dû faire face à plusieurs drames familiaux, dont le suicide de son frère en 1999, mais aussi à des troubles de l’alimentation dus à la pression générée par l’envie de briller dans une discipline qui n’intéresse les médias qu’une fois tous les quatre ans, à l’occasion des Jeux olympiques.

"Miser toute sa vie sur une course est une épreuve psychologique difficile"

L’athlète, qui a participé aux Jeux olympiques à trois reprises (1992, 1996, 2000), n’a jamais remporté de médailles. À Sydney, elle s’était illustrée en faisant la course en tête du 1 500 m avant de s'écrouler 200 m avant la ligne d’arrivée.

Dans un entretien paru dans The Milwaukee Journal Sentinel en juillet dernier, Suzy Favor Hamilton se décrit comme une “perfectionniste” qui a, durant toute sa carrière, "lutté contre des voix qui lui répétaient qu’elle n’était pas assez bonne, qu’elle ne courrait pas assez vite et qu’elle devait faire mieux".

“Toute votre vie, on vous dit combien vous êtes exceptionnelle, que ce soit vos entraîneurs, vos amis ou vos parents”, raconte-t-elle dans le journal. “Je me devais d’être parfaite. Ce n’était la faute de personne. Je ne reproche rien à personne. C’est juste la société qui est ainsi faite."

Selon le médecin du sport d’un hôpital de New York, Jordan D. Metzl, interrogé dans le New York Times, cette situation soulève le problème de la retraite et de la reconversion des athlètes de course ou de fond qui ont dédié toute leur carrière à une compétition aussi rare qu’une olympiade. Un évènement qui suscite un engouement médiatique sans pour autant assurer de garanties financières aux athlètes, estime le médecin. “Miser toute sa vie sur une semaine est une épreuve psychologique difficile ”, explique Metzl. “C’est une grosse pression à gérer.”

Suivie par un psychologue depuis les dernières semaines, Favor Hamilton a répété "combien elle était désolée d'avoir blessé quelqu'un par [son] action". "J'ai pleinement l'intention de me racheter afin de redevenir une bonne mère, épouse, sœur et amie", a-t-elle conclu.