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Paris et Berlin s’attaquent au secret bancaire

À l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont affiché leur détermination à faire front commun contre la crise économique en vue du sommet du G20. Dans leur collimateur : le secret bancaire.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy l’ont réclamé, exigé, répété : ils veulent de la "transparence" dans les flux bancaires. À l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand, les deux leaders politiques, avec la bénédiction du Royaume-Uni, ont désigné leur nouveau cheval de bataille : la lutte contre les paradis fiscaux.

S’alignant sur les engagements pris par les membres européens du G 20, à Berlin, le mois dernier, ils se sont engagés à ce qu’aucun marché financier et aucun acteur économique n’échappe à une réglementation.

Prônant un "mécanisme de sanctions" international, ils ont affirmé vouloir à tout prix clarifier les flux d’argent dans les paradis fiscaux et mettre un terme au secret bancaire en matière d’évasion fiscale.


Leur détermination porte déjà ses fruits : la Belgique, Hong Kong, Singapour et le Liechtenstein ont, d’ores et déjà, annoncé un assouplissement de leurs règles concernant le secret bancaire.


Des annonces qui, selon Caroline de Camaret, spécialiste des questions européennes à FRANCE 24, ont le mérite de "mettre la pression sur deux pays de l’Union européenne : l’Autriche et le Luxembourg, qui ne coopèrent pas en matière d’échange d’informations fiscales. Ces deux pays vont se retrouver sur le banc des accusés - une fâcheuse position - au prochain conseil européen, les 19 et 20 mars", poursuit-elle.


Dans cette bataille, Paris et Berlin agissent de concert. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy souriants, détendus : cela faisait bien longtemps que les relations entre les deux leaders politiques n’avaient pas été aussi cordiales.


La chancelière allemande et le président français se sont d’ailleurs particulièrement appliqués à montrer leur détermination pour faire front commun contre la crise, au cours du sommet du G 20 (qui réunit les vingt premières économies mondiales), le 2 avril, à Londres .

"Sur tous les sujets du G 20, l’Allemagne et la France défendront les mêmes positions", a insisté Nicolas Sarkozy au cours d’une conférence de presse conjointe. Loin de satisfaire les États-Unis, qui insistent pour que l’Union européenne investisse davantage dans des plans de relance, les deux voisins ont décidé d’œuvrer en profondeur pour éviter de nouvelles crises économiques.


"Nous considérons qu’en Europe, nous avons déjà beaucoup investi pour la relance. Nous considérons que le problème n’est pas de dépenser encore plus, mais de mettre en place un système de régulation pour éviter que la catastrophe économique et financière que le monde connaît ne se reproduise", a déclaré le président français.

Afin de faire front devant les pays du G 20, début avril, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pourraient décider d’une "initiative commune". "Mais il faudra, avant de convaincre tous les États membre du G 20, convaincre tous les membres de l’Union européenne au prochain conseil", rappelle Anne Maillet, correspondante de FRANCE 24 à Berlin, qui ajoute : "Et cela va s’avérer extrêmement difficile."

Tags: G20, Allemagne, France,