logo

Les Frères musulmans se déclarent en tête du scrutin

Selon les Frères musulmans, leur candidat, Mohammed Morsi, aurait pris la tête du scrutin présidentiel, le premier organisé depuis la chute d'Hosni Moubarak en janvier 2011. Les résultats officiels ne devraient pas être connus avant le 29 mai.

REUTERS - Les Frères musulmans ont affirmé vendredi que leur candidat Mohamed Morsi arrivait en tête des premiers résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Egypte qui doit désigner le successeur d'Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011.

Alors que le décompte de la première élection présidentielle libre a commencé, la confrérie musulmane, qui base ses estimations sur un petit échantillon de résultats, a indiqué que Mohamed Morsi faisait la course en tête devant les onze autres candidats à la magistrature suprême.

Aucun résultat officiel ne devrait être connu avant mardi et il est peu problable qu'un candidat obtienne la majorité absolue dès le premier tour. Les quelque 50 millions d'électeurs devraient donc selon toute probabilité reprendre le chemin des
urnes pour un second tour les 16 et 17 juin afin de départager les deux adversaires les mieux placés.

Selon les autorités électorales, le taux de participation au premier tour avoisinait les 50%.

Parmi les principaux rivaux de Mohamed Morsi, figurent le dissident de la confrérie Abdel Moneim Aboul Fotouh, l'ex-ministre Amr Moussa et l'ancien général Ahmed Chafik, favori de l'armée et de la minorité copte.

"Nous sommes confiants sur le fait que le prochain président égyptien sera Mohamed Morsi", a déclaré Essam el Erian, un haut responsable du parti Liberté et Justice des Frères musulmans qui a raflé la majorité des sièges du parlement lors des élections
législatives.

Une victoire des Frères musulmans placerait la confrérie islamiste en position de force dans le pays le plus peuplé du monde arabe et contribuerait à redessiner la carte de la région.

Les islamistes ont été les grands vainqueurs du "printemps arabe", notamment au Maroc, en Tunisie et en Libye et jouent un rôle influent dans le mouvement de contestation du régime du président syrien Bachar al Assad.

Calme

Le premier jour de vote s'est globalement déroulé dans le calme et les observateurs indépendants n'ont recensé que des infractions mineures se limitant à des actes de campagne électorale à proximité de certains bureaux de vote.

Les Egyptiens semblent partagés entre leur refus de voir les caciques de l'ancien régime revenir au pouvoir et leur inquiétude face à un potentiel monopole des islamistes.

"La révolution nous a été volée par les caciques de l'ancien régime, les Frères musulmans et l'armée. Si Ahmed Chafik ou Amr Moussa gagne, le peuple fera une nouvelle révolution", prévient Mohamed Kamal, un décorateur de 32 ans, qui a voté tard jeudi pour le candidat de la gauche Hamdeen Sabahi.

Certains redoutent de nouveaux affrontements dans les rues en cas de victoire de Chafik. Une page Facebook a été créée jeudi sous le titre "je suis le premier martyr de la révolution si Moussa ou Chafik l'emporte".

A peine élu, le prochain chef de l'Etat devra trancher sur la rédaction de la constitution, qui fait l'objet de vifs débats entre les islamistes et les laïcs, et pourrait également voir sa marge de manoeuvre empiétée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), soupçonné de vouloir conserver une grande partie de ses prérogatives.

Les généraux se sont toutefois engagés à remettre le pouvoir au nouveau président élu le 1er juillet prochain.

Les Etats-Unis, par la voix de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, se sont engagés à "se tenir aux côtés du peuple égyptien".

"Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement égyptien élu démocratiquement", écrit-elle dans un communiqué.

"Nous allons continuer à nous tenir aux côtés du peuple égyptien alors qu'il travaille à respecter la promesse du soulèvement populaire de l'année dernière et à construire une démocratie qui reflète leurs valeurs et leurs traditions, qui respecte les droits de l'homme universels et rencontre leurs aspirations à la dignité et à une vie meilleure."