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L'ONU demande une enquête sur les violences contre les manifestants

Face aux nouveaux affrontements, qui ont fait une trentaine de morts depuis samedi en Égypte, le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme réclame une enquête "rapide, impartiale et indépendante".

AFP - Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, a demandé mercredi la mise en place d'une enquête "rapide, impartiale et indépendante" sur les tueries de manifestants en Egypte.

"Je demande instamment aux autorités égyptiennes de mettre fin à l'utilisation manifestement excessive de la force contre les manifestants de la place Tahrir et ailleurs dans le pays", a dit Mme Pillay. "Il devrait y avoir une enquête rapide, impartiale et indépendante".

Dans un communiqué, elle précise qu'il faut "s'assurer que des comptes soient demandés aux responsables de ces abus".

La responsable de l'ONU pour les droits de l'Homme relève aussi que "plusieurs manifestants ont été arbitrairement arrêtés".

"Certaines des images de Tahrir, dont le passage à tabac brutal de manifestants (...), sont profondément choquantes, comme le sont les informations faisant état de manifestants non armés ayant reçu une balle dans la tête", a-t-elle souligné.

Le bilan des récents affrontements, qui ont démarré samedi, entre les manifestants et la police dans toute l'Egypte est d'une trentaine de morts, selon le ministère égyptien de la Santé.

Ces violences ont provoqué la démission du gouvernement mis en place par l'armée.

"Les actions des forces militaires et de sécurité, au lieu d'améliorer la sécurité et d'aider l'Egypte dans sa transition difficile vers la démocratie, ont une fois de plus (...) servi à envenimer la situation, résultant en un grand nombre de personnes qui prennent les rues pour demander leurs droits", a estime Mme Pillay.

Le Haut commissaire a ajouté que les "autorités égyptiennes ont l'obligation d'assurer la protection de tous et de garantir un environnement sûr et de paix à l'approche des élections cruciales de la semaine prochaine".

"Le peuple d'Egypte mérite d'exercer ses droit de vote aux premières élections du pays depuis le départ de l'ancien président Moubarak dans un environnement sans violence", a-t-elle poursuivi.

Ce contexte de crise fait craindre que les premières législatives depuis la chute de Hosni Moubarak prévues dans quelques jours ne soient émaillées de violences. Le maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de fait, a assuré qu'elles débuteraient à la date prévue, le 28 novembre.

Il est "impératif que les autorités égyptiennes garantissent le respect des libertés d'expression, de réunion et d'association", ainsi que la liberté de "la presse", durant le "processus électoral", a réclamé pour sa part Mme Pillay.

Elle a ainsi souligné ses préoccupations quant au sort des représentants de la société civile, estimant que les autorités essayaient de limiter leurs activités.

Le Haut commissariat avait déjà dénoncé le 11 novembre une "réduction de l'espace public destiné à la liberté d'expression et à la liberté d'association", citant l'utilisation par les autorités d'une loi sur les ONG (loi 84 de 2002) "pour enquêter sur les organisations de droits de l'homme et leurs sources de financement".

L'instance onusienne avait également critiqué le "procès militaire et l'emprisonnement du blogueur et militant Alaa Abdelfattah", un militant égyptien placé fin octobre en détention provisoire pour quinze jours pour "incitation à la violence" lors d'une manifestation de coptes (chrétiens), le 9 octobre au Caire, qui protestaient contre l'incendie d'une église.
 

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