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Netanyahou veut former un "large gouvernement d'union"

Soutenu par les partis d'extrême droite, Benjamin Netanyahou a jusqu'au 17 mars pour former un gouvernement d'union qu'il souhaite le plus ouvert possible. Même à Kadima de Tzipi Livni, qui a d'ores et déjà refusé l'offre.

Le président israélien, Shimon Peres, a confié à Benjamin Netanyahou, le leader du Likoud (droite), la charge de former le prochain gouvernement israélien.

Lors des élections législatives du 10 février, le parti centriste Kadima emmenée par la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, était pourtant arrivé en tête avec 28 élus, devant la formation de Netanyahou (27 élus). Mais ce dernier bénéficie du soutien de plusieurs partis de droite, dont celui d’Israel Beitenou ("Israël, ma maison) dirigé par Avigdor Lieberman (15 députés). Netanyathou est donc aujourd’hui crédité de 65 sièges sur les 120 que compte la Knesset.

Au vu des divergences qui existent entre les divers petits partis rassemblés par Netanyahou, rien ne garantit une coalition stable. Aussi le chef du Likoud tente-t-il de convaincre d’autres partis, dont Kadima.

Lors de la conférence de presse qui a suivi son nomination, Netanyahou a appelé à la formation d’“un large gouvernement d’union nationale”, appelant Tzipi Livni et le leader du Parti travailliste, Ehud Barak, à s’unir avec le Likoud “pour la sécurité future d’Israël”.

La correspondante de FRANCE 24 à Jérusalem, Annette Young, pense qu’il est dans l’intérêt politique de Netanyahou de former une large coalition. “Il sait qu’un gouvernement d’extrême droite serait instable, et n’aurait certainement pas les faveurs de l’administration américaine, a-t-elle indiqué. Sans compter qu’il conduirait fort probablement à une autre élection d’ici peu."


28 jours de tractions


En outre, un gouvernement conduit par le Likoud et marqué à droite serait loin de représenter les visions politiques de la population israélienne. Pour Guillaume Auda, correspondant de FRANCE 24 à Jérusalem, les 28 sièges remportés par Kadima, le 10 février dernier, sont "le signe que les Israéliens ne veulent pas un total virage à droite”.


Mais Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères sortante, refuse que son parti entre dans la future équipe. La chef de la diplomatie israélienne a réaffirmé que Kadima souhaitait une solution de paix fondée sur deux Etats, avec les Palestiniens. Elle accuse le futur gouvernement de vouloir s'y opposer. Une coalition menée par le Likoud serait "une coalition qui ne permettrait pas de suivre ma voie, la voie de Kadima promise aux électeurs", a-t-elle déclaré.

La coalition ancrée à droite aurait, en effet, tendance à inquiéter la communauté internationale. Pour Guillaume Auda, cette coalition droite-extrême droite-religieux ne sera pas vendeuse à l’international car elle signifie "un blocage du processus de paix avec les Palestiniens".


Netanyahou dispose maintenant de 28 jours pour former son gouvernement. Autant de jours de tractations et de concessions, prédit Annette Young. “Nous allons voir beaucoup de manœuvres jusqu’à la formation du nouveau gouvernement ”, estime-t-elle.