
Emprisonné depuis 2009, le prix Nobel de la paix Liu Xaobo ne pourra pas se rendre à Oslo pour la remise de sa récompense. Il a donc depêché son épouse Liu Xia à sa place. Reste à savoir si les autorités chinoises la laisseront faire le déplacement.
Le combat continue pour Liu Xia. L’épouse du nouveau Nobel de la paix, Liu Xiaobo, espère se rendre en Norvège en décembre pour la cérémonie officielle de remise des récompenses. Assignée à résidence depuis dimanche soir, elle n’a toutefois aucune garantie de pouvoir y aller. "Liu Xiaobo veut absolument que j’y participe. Moi aussi, j’y tiens", a-t-elle déclaré au cours d’un entretien téléphonique avec un journaliste de Mediapart. "Mais c’est compliqué", a-t-elle ajouté.
itDepuis son retour de sa visite à la prison de Jonhzou dimanche soir, Liu Xia est contrainte de ne plus sortir de son appartement situé dans l'ouest de Pékin. Son téléphone portable a également été coupé. Informations qu’elle a communiquées via le site de micro-blogging Twitter ou grâce à un autre téléphone d’appoint.
D’après Mediapart, elle ne sait pas quand elle saura autorisée à sortir de chez elle. "Et si je parviens à m’envoler pour la Norvège, me laissera-t-on retourner en Chine ?", s’interroge-t-elle. Pour l’heure, les autorités chinoises n’ont donné aucune consigne concernant la cérémonie.
De leur côté, les États-Unis ont manifesté leur mécontentement ce mardi. "Ses droits doivent être respectés et elle doit pouvoir se déplacer librement", a indiqué dans un email à l'AFP Richard Buangan, porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Pékin. La veille, des diplomates de l'Union européenne, d'Australie et de Suisse avaient tenté, en vain, de rendre visite à Liu Xia. Ils en ont été empêchés.
Ses avocats plaident pour un nouveau procès
Selon le Centre d'information pour les droits de l'Homme et la démocratie basé à Hong Kong, Liu Xia aurait affirmé par téléphone que son époux souffrirait d'un ulcère gastrique sévère. Mais il doit subir des examens supplémentaires pour savoir si le dissident serait infecté par le virus de l'hépatite B, diagnostic qui lui permettrait de demander une libération pour raisons médicales.
Par ailleurs, les avocats du dissident envisagent de demander un nouveau procès. "Nous sommes encore en train de voir ce qu'on peut faire. Si nous faisons la demande ce sera bien sûr pour plaider non coupable", a déclaré Me Shang Baojun.
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Liu Xiaobo, un vétéran de la dissidence emprisonné dans le nord-est de la Chine, est devenu vendredi le premier citoyen chinois à se voir décerner le Nobel de la paix. Agé de 54 ans, il purge une peine de 11 ans de prison dans une prison de la province du Liaoning (nord-est), après avoir été l'un des auteurs de la "Charte 08", un texte qui réclamait une Chine démocratique.
Pour sa part, la Chine ne cache pas sa colère concernant l'attribution du Nobel de la paix au dissident. "Donner le prix Nobel de la paix à un criminel qui purge une peine de prison traduit un manque de respect pour le système judiciaire de la Chine", a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, mardi.