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Le Parti socialiste fait sa rentrée à La Rochelle

Le PS organise son université d'été jusqu’à dimanche à La Rochelle. Un raout au cours duquel ses dirigeants entendent afficher unité et gravité. Même si les ambitions présidentielles ne manqueront pas d'alimenter les conversations...

C’est avec le rose aux joues que les socialistes font leur rentrée politique lors de leur université d’été, qui se tient à La Rochelle d'aujourd'hui à dimanche. Alors que la droite s’enferre dans les polémiques sur la sécurité, que l’affaire Bettencourt refait surface après la trêve estivale et que les syndicats fourbissent leurs armes en vue de la journée de mobilisation du 7 septembre sur les retraites, les récents sondages semblent indiquer "une envie de gauche", comme le titrait récemment le quotidien "Libération".

Rien à voir, donc, avec le climat de l’an passé où le temps était à la reconstruction de la maison socialiste. Petit tour d’horizon des enjeux de l’édition 2010 de l'université d'été du Parti socialiste (PS), où quelque 4 000 militants et sympathisants de gauche sont attendus.

  • Les primaires

Les primaires avaient constitué l’un des thèmes majeurs de 2009. Officiellement, les primaires ne feront l'objet que d'un seul atelier, samedi, sous la houlette d'Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation au PS. Mais en coulisses, il en ira sans doute autrement... Les ténors seront tous présents, à l’exception notable de Dominique Strauss-Kahn, contraint à un devoir de réserve du fait de ses fonctions au Fonds monétaire international (FMI) malgré son statut de personnalité de gauche favorite des Français dans les derniers sondages.

Jeudi, une enquête TNS-Sofres Logica publiée par Le Nouvel Observateur le plaçait en effet en tête des candidats socialistes capables de battre Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle. DSK obtiendrait ainsi 59 % des voix contre le président sortant. Martine Aubry ferait nettement moins bien (53 %-47 %), tandis que Ségolène Royal échouerait dans cette mission (avec 49 % des voix). François Hollande, quant à lui, ferait jeu égal (50 %-50 %) avec le chef de l'État sortant.

Primaires : quels candidats ?

Les primaires du Parti socialiste - une première en France - sont prévues à l'automne 2011. Elles auront lieux en deux tours. Le dépôt des candidatures débutera en juin. Tous les Français inscrits sur une liste électorale pourront participer, moyennant un engagement de principe aux valeurs de gauche et le paiement d'un euro.

- Les candidats déclarés : François Hollande (député de Corrèze, ex-Premier secrétaire du PS de 1997 à 2008), Manuel Valls (député-maire d'Évry, très en pointe sur les questions de sécurité)

- Les candidats possibles : Pierre Moscovici (député du Doubs, proche de Dominique Strauss-Kahn), Arnaud Montebourg (député de Saône-et-Loire, rénovateur)

- Les candidats possibles et masqués : Martine Aubry (maire de Lille, patronne du PS depuis novembre 2008), Ségolène Royal (ex-candidate à la présidentielle, présidente de la Région Poitou-Charente), Dominique Strauss-Kahn (directeur général du FMI).

Seuls deux candidats - François Hollande et Manuel Valls - ont, pour l'heure, fait part de leur ambition présidentielle, mais les regards seront aussi et surtout tournés vers Martine Aubry, première secrétaire depuis novembre 2008, et Ségolène Royal qui, en sa qualité de présidente de la région Poitou-Charentes, va ouvrir la traditionnelle grand-messe de sa formation.

Publié à la veille de ces journées d’été, le livre du journaliste de "Libération" David Revault d'Allonnes, intitulé "Petits meurtres entre camarades" (Robert Laffont), ne manquera pas d’alimenter les conversations et de titiller l’unité qu’entendent afficher les socialistes. Martine Aubry y précise son calendrier, affirmant qu’elle prendra "avant le début de l’année 2011" la décision de se porter, ou non, candidate à la présidentielle. "Je ne sais pas quel sera le climat politique à ce moment là et quel sera le candidat le mieux placé", précise-t-elle, refusant de s’avancer davantage. Conformément à un pacte de non-agression avec Dominique Strauss-Kahn ?

Dans cet ouvrage, dont le site Rue 89 a publié des extraits, Ségolène Royal déclare, pour sa part, n’avoir rien décidé. "Je ne sais pas si je serai candidate. Ce qui ne veut pas dire que je ne serai pas candidate", dit-elle, ajoutant qu'elle soutiendra "un dispositif gagnant", même si elle n'est "pas forcément en première ligne". Reste que l’ex-candidate à l’Élysée semble poser ses conditions : "Si je pense que le projet est ingagnable, notamment avec les questions de sécurité sur lesquelles le PS a toujours été un peu mal à l'aise (...), je prendrai sans doute mes responsabilités", confie-t-elle à David Revault d’Allones dans un entretien réalisé en juin dernier.

Jeudi, sur RTL, Ségolène Royal a dénoncé cette façon éditoriale "d’alimenter le feuilleton de la zizanie au PS". Le spectacle de leurs divergences : voilà ce que veulent à tout prix éviter les socialistes à La Rochelle, où le mot d’ordre devrait être plus que jamais unitaire.

  • La sécurité
Suivre l'université d'été du PS sur internet

L’université d’été du PS sera retransmise en direct sur Internet et sur iPhone. Les internautes présents à La Rochelle ou suivant en ligne la grand-messe socialiste pourront réagir, contribuer et commenter instantanément tous les événements.

Pour connaître le programme complet, cliquez sur ce lien.

Éviter le piège tendu par la droite sur la sécurité : tel a été, durant tout l’été, le credo de Martine Aubry qui, après s'être imposé une cure de silence médiatique, a fustigé jeudi un "été de honte pour la France" et qualifié les mesures sécuritaires prises par l'exécutif de "vaste opération de manipulation".

"Si elle est restée si longtemps en retrait, c'est parce qu'elle a fait le choix de ne pas tomber dans la polémique. Elle n'entendait pas se laisser dicter le calendrier", souligne son entourage.

Martine Aubry devrait revenir sur le sujet en clôture du rassemblement socialiste lors d'un discours "sérieux", parce que "l'heure est grave". Mais si la patronne du PS esquisse, dimanche, les propositions de son parti sur la sécurité, celles-ci ne seront dévoilées qu'à la fin de septembre lors d'un forum qui, actualité oblige, a été avancé de trois mois.

  • La rentrée sociale

Membre de la direction socialiste et artisan de l'ascension de Martine Aubry au sein du PS, Claude Bartolone résume ainsi les objectifs de La Rochelle : "Mettre le paquet sur le social". Signe qui ne trompe pas : ce ne sont plus, comme l'an dernier, les numéros un des "partis frères" qui ont été invités, mais des dirigeants syndicaux."Pour nous, cette rentrée doit être celle de la responsabilité, parce que les Français sont au bout du système Sarkozy : ils attendent de nous des signes montrant que nous allons préparer l'élection présidentielle", a-t-il encore assuré à l’AFP.

À la veille des mobilisations contre la réforme des retraites, la patronne du PS a passé des consignes claires pour cette université d’été : gravité, sérénité, unité. Face au "chaos et au désordre social", Martine Aubry "va remettre les choses en place", promet le porte-parole socialiste, Benoît Hamon, même si très peu de choses ont filtré sur le discours-programme que doir tenir, dimanche, l'ancienne ministre des Affaires sociales.