
Le procès de l'ancien général serbe de Bosnie Zdravko Tolimir, accusé de crimes contre l'humanité et de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, s'est ouvert devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.
AFP - Le procès de l'ancien général serbe bosniaque Zdravko Tolimir, accusé de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica en 1995, s'est ouvert vendredi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie à La Haye.
Zdravko Tolimir "a supervisé et autorisé la détention organisée, l'exécution et l'inhumation de milliers d'hommes et de garçons musulmans", a déclaré le procureur Nelson Thayer, dans la déclaration liminaire de l'accusation.
Il "supervisait les officiers qui ont organisé cette boucherie de 7.000 hommes", a affirmé l'accusation. "L'autorité et l'influence du général Tolimir étaient indiscutables".
Bras droit de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, toujours recherché par le TPI, Zdravko Tolimir, 61 ans, est accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide.
"Que Dieu vous bénisse, a lancé l'accusé aux juges, à l'ouverture de l'audience. Je souhaite que votre travail soit couronné de succès et j'espère que vous pourrez avec l'aide de Dieu mener ce procès à bon port", a-t-il dit.
"Zdravko Tolimir a choisi d'abandonner ses obligations, d'oublier les lois de la guerre et de poursuivre l'idéal d'un Etat mono-serbe pour organiser la commission d'exactions", a souligné le procureur.
Après la chute des enclaves de Srebrenica et Zepa le 11 juillet 1995, quelque 25.000 femmes, enfants et personnes âgées avaient été transférés de force vers des territoires contrôlés par les Musulmans de Bosnie, selon le TPI.
Les hommes et les garçons en âge de porter des armes, militaires ou civils, avaient eux été exécutés et inhumés dans des fosses communes.
L'ancien général serbe bosniaque, arrêté en Bosnie-Herzégovine le 31 mai 2007, est poursuivi pour extermination, assassinat, persécutions, transfert forcé, expulsion, constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, ainsi que de génocide. Il plaide non coupable.
"Nous allons prouver qu'il a participé à ces crimes odieux en utilisant tous les moyens possibles", a annoncé M. Thayer en précisant que l'accusation citera des témoins, présentera des documents écrits, des photos, des vidéos et des transcriptions d'écoutes.
"Ratko Mladic comptait sur le général Tolimir pour l'aider à étouffer lentement les enclaves de Zepa et Srebrenica pour créer ces conditions inhumaines qui forceraient la population musulmane à abandonner tout espoir de survie", a souligné le procureur.
L'ouverture du procès de Zdravko Tolimir, avait été retardée à plusieurs reprises en raison du mauvais état de santé de l'accusé qui se défend seul.
Son procès est le dernier procès prévu du TPI, entré en fonction en 1993. La procédure est close pour 121 accusés. 24 accusés sont en cours de procès en première instance et 13 en appel. Les procès en appel devraient être terminés en février 2014 au plus tard.
Deux personnes sont encore recherchées par le TPI : Ratko Mladic, 67 ans, et Goran Hadzic, 51 ans, ancien président de la république serbe autoproclamée de Krajina, qui s'étendait sur environ un tiers du territoire de la Croatie pendant la guerre (1991-1995).