Environ 200 manifestants pour le droit au logement ont dormi à la belle étoile dans la nuit de mardi à mercredi à Lisbonne, deux jours après le démantèlement de leur campement par les forces de l'ordre. Inspirés par les mobilisations espagnoles, ils entendent dénoncer la crise du logement au Portugal.
La mobilisation pour le droit au logement se poursuit au Portugal. Privés de leur campement par les forces de l'ordre deux jours plus tôt, quelque 200 manifestants ont passé la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre à la belle étoile à Lisbonne.
Les militants pour le droit au logement, en majorité des jeunes, sont mobilisés depuis samedi sur la place du Rossio, dans le centre de la capitale portugaise.
Réunis la veille pour une nouvelle mobilisation, ils avaient finalement renoncé à dresser des tentes et à défier les forces de l'ordre qui encadraient le rassemblement.
Les organisateurs, qui avaient soumis au vote des manifestants la poursuite du mouvement, ont également annoncé leur intention d'organiser une manifestation samedi prochain dans le centre de la capitale.
Affrontements entre manifestants et force de l'ordre
Mardi à l'aube, la police avait démantelé deux campements à Lisbonne et à Porto, dans le nord du pays. Les forces de l'ordre avaient saisi 228 structures de campement lors de ces interventions et arrêté 55 personnes. L'épisode avait fait deux blessés légers dans la capitale.
À Lisbonne, les occupants avaient d'abord tenté de résister en formant une chaîne humaine pour retarder l'intervention de la police, avant que des affrontements n'éclatent avec les forces de l'ordre.
"Le recours à la force" a été "justifié par les circonstances concrètes de l'intervention et est resté limité au minimum nécessaire", en raison du refus de certains manifestants de quitter les lieux malgré les injonctions des autorités, avait ensuite expliqué la police dans un communiqué.
Le ministère de l'Intérieur avait salué de son côté dans un communiqué le "professionnalisme" de la police, soulignant que celle-ci avait privilégié "jusqu'au bout le dialogue".
Vers une coordination à l'échelle de la péninsule ibérique ?
Cette mobilisation entend dénoncer la crise du logement au Portugal, marquée par la hausse des prix de l'immobilier. Dans le pays, les prix du logement ont augmenté de 124 % entre 2015 et 2024, soit environ deux fois plus vite que la moyenne de l'UE, selon des données officielles.
Le président portugais, Antonio José Seguro, avait appelé mardi à un "large accord" entre les partis afin d'adopter "des mesures de long terme" pour répondre à la crise du logement.
La semaine dernière, le Premier ministre Luis Montenegro avait affirmé : "Nous comprenons parfaitement que les gens veuillent des réponses" et qu'ils souhaitent "exprimer leur indignation face à ce qui, selon eux, peut être des failles dans les politiques publiques". Il avait néanmoins mis en garde ses adversaires politiques contre le fait d'"importer au Portugal des climats d'instabilité et de protestation qui, en réalité, n'ont aucun soutien dans la société portugaise", faisant probablement référence aux manifestations émaillées de violences qui ont secoué la France.
Inspirés par les campements organisés en Espagne, dont celui de l'emblématique Puerta del Sol à Madrid, certains militants espèrent coordonner leur action à l'échelle de la péninsule ibérique, en rejoignant notamment l'appel à la grève générale du 11 novembre lancé par les syndicats espagnols.
Avec AFP
