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Son nom n'est pas mentionné une seule fois dans le document, mais est dans tous les esprits: l'Union européenne dévoile mardi sa grande stratégie pour l'Arctique, neuf mois après les menaces de Donald Trump visant le Groenland.

Ursula von der Leyen (d), présidente de la Commission européenne, avec le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, et la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, au Groenland le 6 septembre 2026 © Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix/AFP

Son nom n'est pas mentionné une seule fois dans le document, mais est dans tous les esprits : l'Union européenne dévoile mardi 20 octobre sa grande stratégie pour l'Arctique, neuf mois après les menaces de Donald Trump visant le Groenland.

Les tensions entre Européens et Américains sont retombées depuis que le président américain a affiché ses velléités de prendre le contrôle de ce territoire autonome danois.

Le Danemark, les États-Unis et le Groenland ont signé en septembre un accord à New York mettant fin, du moins pour le moment, à la crise.

Mais les Européens ont été franchement secoués par ces menaces en début d'année et veulent désormais plancher ensemble sur les moyens de muscler leur empreinte dans l'Arctique, conscients également de la présence d'une Russie hostile dans la région.

Voilà à quoi doit servir la "stratégie pour l'Arctique", dévoilée en milieu de journée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et ses équipes.

"Les nouvelles dynamiques dans l'Arctique nécessitent que l'Europe soit un partenaire fort et fiable", souligne un des commissaires européens qui a travaillé à l'élaboration de ce document, Jozef Síkela.

"C'est précisément ce que nous visons à accomplir avec notre nouvelle stratégie."

Accès aux matières premières critiques

Selon une ébauche du texte consultée par l'AFP, l'UE souhaite notamment renforcer la flotte européenne de brise-glaces, ces navires essentiels pour naviguer sur des routes de plus en plus stratégiques ; muscler son système de surveillance afin de mieux détecter des navires de la flotte fantôme ; connecter, à long terme, l'Europe au Japon via un câble sous-marin passant par le Groenland et le Canada (les États-Unis ne sont pas mentionnés).

Un drapeau européen installé à Nuuk, au Groenland, le 7 septembre 2026 © Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix/AFP

Aucun financement supplémentaire n'est prévu dans cette proposition. Ursula von der Leyen avait déjà annoncé 200 millions d'euros pour le Groenland lors de sa visite dans le territoire autonome danois début septembre.

Le Groenland compte utiliser les nouveaux fonds européens pour participer au développement de projets concrets, comme le développement d'un meilleur accès à internet.

Bruxelles espère quant à elle en profiter pour diversifier l'accès européen aux matières premières critiques, jusqu'ici très lié à la Chine.

Le projet de document consulté par l'AFP préconise aussi de renforcer la coopération avec des pays non membres de l'UE partageant les mêmes objectifs, comme le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège.

Il propose également d'organiser régulièrement un sommet réunissant les partenaires du "voisinage nordique".

Si les États-Unis figurent parmi les pays susceptibles d'y participer, l'Amérique de Donald Trump, longtemps un allié clé dans la région, se fait remarquer par son absence dans le reste du document.

Investir dans les renouvelables

L'Arctique est aussi au cœur de préoccupations environnementales de l'UE.

Un iceberg, au Groenland, le 6 septembre 2026 © Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix/AFP

Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales.

Bruxelles souligne la nécessité d'y investir dans les renouvelables.

La fonte de la banquise ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives économiques et stratégiques.

La Russie, la Chine et les États-Unis ont ainsi intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d'accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes.

En août, la Chine et la Corée du Sud ont envoyé des porte-conteneurs par la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, afin d'en tester la viabilité. Cette voie devient navigable pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule.

Avec AFP