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En Éthiopie, la reprise des combats au Tigré s'accompagne d'une autre bataille, moins visible mais tout aussi déterminante : celle de l’information. Sur les réseaux sociaux, des vidéos détournées, des images anciennes et des contenus générés par l'intelligence artificielle alimentent la propagande et brouillent la compréhension du conflit. Alors que l’accès au terrain reste difficile pour les journalistes, comment distinguer les faits des manipulations ? Reportage.

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Image de couverture : Une organisation spécialisée apprend aux étudiants éthiopiens en journalisme à vérifier l'authenticité des images diffusées sur les réseaux sociaux. © France 24 (capture d'écran)

En Éthiopie, les réseaux sociaux sont devenus une source d'information incontournable pour suivre le conflit en cours dans le Tigré. Mais depuis la reprise des combats dans la région, les fausses informations se multiplient sur des plateformes comme TikTok, Telegram ou Facebook.

Des comptes progouvernementaux et des partisans de différents camps détournent des vidéos ou recourent à l'intelligence artificielle pour diffuser des contenus de propagande.

Des images anciennes utilisées pour désinformer

Ainsi, après vérification par MultiFact Check, une organisation indépendante, une vidéo présentée comme montrant un barrage routier se révèle présenter de vieilles images sans aucun rapport avec la situation actuelle. Elles ne permettent pas de confirmer la présence de barrages ni de blocages des transports par des groupes armés, notamment les Fano, dans la région Amhara.

Cet exemple illustre les méthodes utilisées pour manipuler l'information : des images anciennes peuvent être présentées comme des événements récents afin d'alimenter les tensions et de brouiller la compréhension du conflit.

Face à cette situation, des journalistes et des organisations s'efforcent de lutter contre la désinformation, notamment en formant les étudiants à vérifier les images qui circulent en ligne.

Former les futurs journalistes à vérifier l'information

Omni Ethipia, une organisation spécialisée, apprend notamment aux étudiants en journalisme à vérifier l'authenticité des images diffusées sur les réseaux sociaux. L'objectif est de leur donner des outils pour distinguer les contenus fiables des publications trompeuses, une compétence indispensable dans leur future profession, mais aussi dans leur vie quotidienne.

"Aujourd'hui, il y a de nombreuses publications sur Facebook et les différentes plateformes de réseaux sociaux qui parlent du conflit en cours et qui sont parfois très éloignées de la réalité", explique Meti Melaku, cheffe de projet au sein de l'organisation. "Cela sème le trouble au sein de la population. Nous voulons former les générations futures pour qu'elles soient non seulement bien informées, mais aussi qu'elles disposent d'informations conformes à la vérité."

Plus de 800 publications problématiques repérées

Depuis le 1er août et la reprise des combats, l'organisation MultiFact Check a repéré plus de 800 publications problématiques, qui ont depuis été supprimées.

Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la circulation de l'information, la vérification des faits apparaît ainsi comme un enjeu majeur. Au-delà de la lutte contre la propagande, il s'agit de permettre à la population d'accéder à des informations fiables sur un conflit dont les conséquences continuent de peser sur le pays.