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Si de nombreuses images vérifiées attestent de violences policières lors des manifestations lycéennes en France, une vidéo d'un jeune homme frappé au visage devenue virale ces derniers jours a en réalité été générée par IA. L’image d’une policière frappée à la tête par un lycéen est également fausse.

Captures d'écran d'une vidéo censée montrer des violences policières contre un jeune homme. Mais la vidéo a été générée par IA. © Montage Les Observateurs

Depuis le début des blocus lycéens le 17 septembre, la police a été accusée à plusieurs reprises de violence contre les manifestants. Le 9 octobre, le Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme a fait part de son "inquiétude" face aux violences dans le mouvement des lycéens en France. 

Au 6 octobre, au moins dix enquêtes avaient été confiées à l'IGPN, la police des polices, pour faire la lumière sur des cas de violence des forces de l'ordre. Le 8 octobre, une autre enquête a été ouverte après qu'un CRS a été filmé en train de donner un coup de genou à un manifestant.

Une vidéo de violence policière générée par IA

Dans ce contexte, une autre séquence vidéo censée montrer de nouvelles violences policières est devenue virale depuis le 7 octobre. Accompagnée de la mention "La bavure en direct !!", la séquence montre un jeune homme contre un mur, entouré de policiers. L'un d'eux lui assène un violent coup de poing dans le visage, qui le fait tomber au sol.

"Frapper une personne menottée dans le dos, c'est vraiment d'une grande lâcheté", déclare un compte sur X, dont la publication a été vue plus de 650 000 fois. La vidéo a également été relayée par des comptes aux positions anti-françaises, comme celui de la militante panafricaniste Nathalie Yamb, pour dénoncer des violences policières.

"??? scene incroyable, est elle vraie ? [sic]", a également demandé l'ancien homme politique de gauche Gérard Filoche sur le réseau social. Une interrogation légitime, car la vidéo, ancienne, a en réalité été générée par IA. Grâce à une recherche d'image inversée (voir notre guide), la rédaction des Observateurs a retrouvé cette même vidéo dans une publication Facebook datant d'au moins juin 2026, ce qui prouve déjà que la séquence ne date pas des blocus lycéens de la rentrée 2026.

Dans cette vidéo de meilleure qualité, l'auteur se questionne déjà sur son authenticité ("Dite moi IA ou pas [sic]"). Cette intuition est confirmée par SynthID, l’outil de détection développé par Google. Plusieurs générateurs d’IA, comme ceux de Google ou d’OpenAI, intègrent désormais dans les pixels des images et des vidéos générées un tatouage numérique invisible à l’œil nu, que l'outil SynthID permet de repérer. Ici, des traces de génération par un outil Google ont été détectées dans la vidéo (pour plus d'explications, lire notre article sur le sujet).

Capture d’écran de l’outil SynthID de Google. Le tatouage numérique apposé par les outils de Google a été détecté dans la vidéo, notamment au moment où le policier frappe l’adolescent (les passages bleutés sur la frise indiquent les moments où le tatouage a été repéré). © SynthID

Plusieurs éléments visuels prouvaient déjà que la vidéo n'était pas réelle. Les écritures sur le capot de la voiture de police située au premier plan sont en effet très peu lisibles, ce qui est un signe clair de génération par IA. On y déchiffre par ailleurs seulement le mot "Police", alors que les modèles classiques de la police nationale portent l’inscription "Police nationale".

Les écritures sur le capot de la voiture de police située au premier plan (entourées en rouge à gauche) sont très peu lisibles, et l'on n'y déchiffre que le mot “Police”, alors que les modèles classiques de la police nationale portent l’inscription “Police nationale” (voir à droite). © Montage Les Observateurs

La photo d'une policière agressée aussi générée par IA

Début octobre, une autre photo de violences – cette fois-ci contre une policière frappée à la tête – a également beaucoup circulé sur Facebook. "Aujourd’hui, mon empathie et mon soutien vont vers cette policière qui se prend un coup de pied dans la tête", soutient un compte sur la plateforme le 8 octobre, dont la publication a été partagée plus de 5 000 fois.

Capture d'écran partielle d'une publication partagée plus de 5000 fois sur Facebook, qui relaye une fausse photo d'une policière frappée au visage. © Facebook / Montage les Observateurs

Or, SynthID a également détecté un tatouage numérique dans cette image. Comme le précise le résultat (ci-dessous), l'outil a détecté des traces de génération réalisée par un outil de l'entreprise OpenAI, à l'origine de ChatGPT. Une telle image n'a par ailleurs été publiée par aucune source médiatique ou policière ces derniers jours.

Capture d’écran de l’outil SynthID de Google. Le tatouage numérique apposé par les outils de Google a été détecté dans la vidéo, notamment au moment où le policier frappe l’adolescent (les passages bleutés sur la frise indiquent les moments où le tatouage a été repéré). © SynthID

Si cette image est fausse, une lieutenante stagiaire de la préfecture de police a bien été agressée le 1ᵉʳ octobre dans le 20ᵉ arrondissement de Paris. Poursuivie par des manifestants, elle est tombée au sol après avoir subi un croche-pied de la part d'un jeune manifestant, avant de recevoir plusieurs coups de pied, comme le montre une vidéo diffusée dans plusieurs médias.