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Une dizaine de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Madrid en hommage à Maricarmen Abscal, décédée mercredi. Après son expulsion de l'appartement dans lequel elle vivait depuis 56 ans, cette femme de 87 ans était devenue le symbole de la crise du logement en Espagne, déclenchant des manifestations de grande ampleur débouchant sur l'organisation d'élections législatives anticipées. 

Des manifestants rassemblés en hommage à la retraitée Maricarmen Abascal, expulsée de son logement et décédée la veille, le 8 octobre 2026 à Madrid © Oscar DEL POZO / AFP

Sur la place Puerta del Sol à Madrid, l'émotion était palpable après la mort mercredi 7 octobre de Maricarmen Abascal, 87 ans, dont l'expulsion a déclenché une mobilisation de grande ampleur contre le mal-logement. 

"Maricarmen sera un symbole de lutte. Elle nous a fait nous réveiller et dire ça suffit. Nous ne pouvons plus supporter cette situation", a déclaré Rosa Marin, une enseignante de 48 ans.

Maria del Carmen Abascal, qui se déplaçait en fauteuil roulant, est décédée à l'hôpital deux semaines après son expulsion de l'appartement où elle vivait depuis 70 ans.

Des manifestants rassemblés pour rendre hommage à la retraitée Maricarmen Abascal, expulsée de son logement et décédée la veille, le 8 septembre 2026 à Madrid © Oscar DEL POZO / AFP

"Marciarmen est un symbole"

Emportée sur une civière après que la société immobilière propriétaire du logement a drastiquement augmenté son loyer, elle est devenue le visage de la crise du logement qui sévit en Espagne depuis des années, et le catalyseur de protestations à l'échelle nationale.

Un accord avait été trouvé avec la société immobilière permettant à Maricarmen Abascal de rentrer chez elle avec un loyer réduit, mais elle a finalement passé ses derniers jours à l'hôpital. Maricarmen "a été la goutte d'eau, elle a été capable de provoquer tout cela", a expliqué le professeur de photographie Anton Alexander, en référence aux campements et aux manifestations qui ont placé la question du logement au cœur des élections du 29 novembre.

"Au fond, Maricarmen est un symbole. J'espère que ce sera un tournant", a ajouté Anton Alexander. "Je sais que je n'achèterai pas de maison, ça me submerge."

Selon les estimations, près de 20 000 personnes de tous âges ont participé à la marche, scandant des slogans tels que "ce ne sont pas des morts, ce sont des assassinats". 

Des fleurs et des bougies en hommage à la retraitée Maricarmen Abascal, expulsée de son logement et décédée la veille, le 8 septembre 2026 à Madrid © Oscar DEL POZO / AFP

Élections anticipées convoquées dans l'urgence

Face à la pression populaire, le gouvernement de gauche a précipitamment adopté deux décrets prévoyant une protection accrue contre les expulsions pour les locataires vulnérables et le renouvellement automatique des contrats.

Mais l'opposition conservatrice et d'extrême droite a rejeté ces mesures du gouvernement - minoritaire - au Parlement, poussant le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez à convoquer de nouvelles élections.

Reste à savoir si Pedro Sanchez, en difficulté dans la plupart des sondages, pourra capitaliser sur cette colère.

"Nous avons une classe politique qui est la plus incompétente depuis le début de la démocratie", a affirmé Manuel Martin, retraité de 67 ans, qui participait jeudi soir à l'hommage à Maricarmen Abascal.

"Le logement est un problème structurel qu'aucun parti ne peut résoudre seul. C'est un problème national", a-t-il ajouté.

Avec AFP