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Le chef de la diplomatie française a plaidé samedi pour renforcer le soutien à la riposte contre la plus grave épidémie d'Ebola de l'histoire de la RD Congo. Jean-Noël Barrot a effectué une visite dans la province orientale de l'Ituri, l'épicentre de la flambée actuelle.

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Image de couverture : Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot au centre de traitement d'Ebola à Bunia, le 3 octobre 2026. © Hardy Bope, AFP

Renforcer la riposte face à l'actuelle épidémie d'Ebola en RD Congo. Tel a été le message du ministre français des Affaires étrangères lors d'une visite dans la province orientale de l'Ituri, l'épicentre de la flambée actuelle.

Le pays d'Afrique centrale est en proie à sa 17e épidémie de virus Ebola, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue en RD Congo.

Jean-Noël Barrot s'est rendu à Bunia, capitale de la province de l'Ituri, pour témoigner du "soutien de la France et pour annoncer que nous entendons le renforcer", a-t-il déclaré face à la presse au cours de cette visite, la première d'un ministre européen depuis le début de cette épidémie. 

"Les virus ne connaissent pas les frontières et vous ne pouvez vous en prémunir qu'à la condition de les éradiquer là où ils surgissent, si loin que cela puisse être du territoire national", a-t-il plaidé.

Le virus circule désormais avec "moins d'intensité" en Ituri

La France a consacré entre janvier et juillet 13,4 millions d'euros à la riposte contre la flambée actuelle, partie de l'Ituri et qui s'est depuis étendue à sept provinces du pays. 

À ce jour, 8 300 cas d'Ebola – dont 4 018 décès et 2 162 guérisons – ont été recensés depuis le début de l'épidémie, pour un taux de létalité de 48,4 %, selon les dernières données des autorités congolaises.

Le chef de la diplomatie française a notamment visité le centre de traitement Ebola de Rwampara, situé en périphérie de Bunia, et construit par l'ONG Alima, soutenue par la France. Ce centre, l'un des premiers déployés dans la province, affiche aujourd'hui un taux d'occupation de 24 %, selon un représentant d'Alima sur place. 

L'épidémie "se déplace", et le virus circule désormais avec "moins d'intensité" en Ituri que dans la province voisine du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le virologue congolais et co-découvreur du virus Ebola, Jean-Jacques Muyembe, présent lors de cette visite.

Rencontre de Jean-Noël Barrot avec le président Félis Tshisekedi

La riposte manque de moyens pour assurer le suivi des cas dans des zones reculées, et se heurte à la présence de groupes armés et à la défiance d'une partie des populations locales.

Ces derniers jours, de "violents affrontements armés" ont entravé les opérations de riposte dans certaines localités de l'Ituri où sévit un conflit communautaire opposant des milices locales, et plus de 5 000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU. 

Vendredi, Jean-Noël Barrot a rencontré le président congolais Félix Tshisekedi à Kinshasa, capitale de la RD Congo.

Il a également sollicité les autorités congolaises "pour que la justice puisse être rendue" dans l'affaire de la mort de Karine Buisset, une humanitaire française tuée en mars dans une frappe de drone non revendiquée à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu tombée aux mains du groupe armé M23 soutenu par Kigali en 2025, a-t-il indiqué à l'AFP. 

Le ministère de la Justice de la RD Congo a, par ailleurs, annoncé vendredi sur X le lancement par son pays et la France "d'un projet de 1,3 million d'euros pour faciliter l'accès à la justice des victimes de violences sexuelles liées au conflit", après une rencontre entre le ministre français et le garde des Sceaux congolais.

Avec AFP