Paris (France) (AFP) – Le blocus des lycées pour revendiquer des meilleurs conditions d'apprentissage en France se poursuit, et pourrait s'amplifier. Alors que la classe politique durcit le ton contre le mouvement, l'Union syndicale lycéenne (USL) annonce un "acte deux" pour la journée du 6 octobre. Au lendemain d'une journée de mobilisation syndicale de grande ampleur, l'USL appelle à la "convergence des luttes".
La mobilisation lycéenne a baissé mercredi 30 septembre, après une journée de blocus qui s'est soldé par l'interpellation de 440 personnes, en grande partie des mineurs, selon le ministère de l'Intérieur. Mais de nombreux établissement étaient toujours bloqués.
75 lycées étaient perturbés en Ile-de-France, "dont 36 sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations", selon la Région. À Lyon, la situation s'est tendue autour de plusieurs lycées et de son agglomération, selon l'AFP. À Saint-Denis, le blocage continuait au lycée Paul-Eluard, même si les cours étaient officiellement maintenus. Des feux de poubelle ont été constatés dans plusieurs villes.
Les lycéens se mobilisent pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens et des conditions d'apprentissage "décentes".
"Acte deux demain"
"On appelle à un acte deux demain", a lancé le président de l'USL, Ryad Rani, lors d'une conférence de presse commune à Paris avec l'Union étudiante, faisant valoir des revendications communes.
Les deux syndicats espèrent que le 6 octobre sera une journée "décisive", avec des assemblées générales, des blocages d'universités et des manifestations, pour réclamer un "financement massif des lycées et des universités". Le syndicat propose sur son site un "tuto pour bloquer son lycée, sa fac ainsi qu'un kit de mobilisation".
Depuis le début de la mobilisation, "76 personnes (...), soit des élèves, soit des personnels", ont été blessées, selon le ministre de l'Éducation nationale. Le parquet de Tours a saisi l'Inspection générale de la police nationale pour "enquête" après la blessure mercredi d'un jeune homme à la tête, qui pourrait être liée à un tir de LBD, lanceur de balles de défense.
"Non-violence des méthodes de lutte"
Depuis Madrid où il effectue une visite d'État, le président Emmanuel Macron a réagi au mouvement : "J'entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir [...] Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques [...] ne sauraient légitimer une violence au carré", visant les responsables de La France insoumise (LFI) qui soutient le mouvement de contestation.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon conteste l'accusation : "Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte", a-t-il déclaré mercredi sur X. "Le gouvernement doit cesser de chercher à pourrir la situation et répondre aux revendications au lieu de mener une lutte politicienne contre les insoumis"
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Accepter Gérer mes choix"Mépris"
Devant la presse, Ryad Rani s'est alarmé du "mépris", de la "répression du gouvernement" et de la "violences inouïe (des forces de l'ordre) envers les lycéens plaqués au sol avec un genou sur la tête".
Il s'est dit "favorable à rencontrer (le ministre), mais ce n’est pas nous qui allons ramper pour être reçus". "Il aurait pu nous recevoir tout de suite", a-t-il estimé.
Avec AFP
