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Image de couverture : REPORTERS © Pierrick Leurent
A retrouver dans l’émission
Temps de lecture 3 min

Depuis le retour de Donald Trump, plus de 400 000 personnes ont été placées en détention par ICE, la police fédérale de l'immigration et près de 60 000 migrants y sont enfermés. Mais que deviennent les personnes arrêtées ? Dans quelles conditions vivent-elles ? Et pourquoi des enfants sont-ils eux aussi détenus ? Enquête de Pierrick Leurent et Valérie Defert au Texas.

Les arrestations de migrants se sont multipliées aux États-Unis sous Donald Trump. Plus de 610 000 personnes sont passées par les centres de détention d'ICE depuis janvier 2025. Et le rythme continue de s'accélérer avec près de 51 000 arrestations en août 2026, en à peine un mois. Un nouveau record sous le second mandat de ce président américain. 

Au Texas, État qui concentre une part importante de ce dispositif, nos reporters ont enquêté pendant plusieurs semaines sur ce qui arrive après une arrestation.

À Dilley, au sud de San Antonio, se trouve le plus grand centre de détention familiale du pays, capable d'accueillir jusqu'à 2 400 personnes. ICE en interdit l'accès aux journalistes. C'est pourtant derrière ces murs que sont enfermés des parents avec leurs enfants. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, plus de 6 200 mineurs ont été placés en détention par ICE, dont au moins 500 bébés et enfants de trois ans ou moins.

Centre de détention de Dilley, au Texas. © Pierrick Leurent

Notre équipe a recueilli le témoignage d'une famille vénézuélienne dont la mère, Maria Betania, et les deux enfants ont été arrêtés alors qu'ils se rendaient à l'arrêt du bus scolaire. Ils passeront 17 jours à Dilley avant qu'un juge fédéral n'ordonne leur libération. 

Victor, et Maria Betania Uzategui-Castillo, aux côtés de Kate Lincoln-Goldfinch, l'avocate de la famille. © Pierrick Leurent

À San Antonio, une pasteure accompagne chaque semaine des familles de détenus. Dans sa congrégation, elle estime qu'environ une famille sur quatre a déjà vu l'un de ses proches arrêté puis expulsé.

Parmi ces membres, Jefferson, père de deux filles et demandeur d'asile vénézuélien, raconte depuis le centre de détention de Don Hutto ses mois de séparation avec sa famille et dénonce les conditions de vie et l'accès aux soins. Les décès en détention ont fortement augmenté : au moins 57 personnes sont mortes sous la garde d'ICE depuis le retour de Donald Trump.

Selon Human Rights Watch et Physicians for Human Rights, le taux de mortalité avait déjà plus que doublé au cours des 500 premiers jours de son second mandat.

Jefferson parle avec son épouse par vidéo depuis le centre de détention de Don Hutto, au Texas. © Pierrick Leurent

Cette politique représente aussi un marché considérable pour les entreprises privées, chargées de gérer une partie des centres. À Dilley, un contrat obtenu par le Houston Chronicle prévoit le versement de 13,1 millions de dollars par mois pour maintenir le centre en capacité d'accueillir jusqu'à 2 400 personnes. Et le système est appelé à s'étendre encore. Quelque 45 milliards de dollars ont déjà été alloués à l'augmentation des capacités de détention jusqu'en 2029.

Par :
Pierrick LEURENT
Valérie DEFERT