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L'administration Trump a approuvé jeudi la vente de 48 avions de combat furtifs F-35 à l'Arabie saoudite, pour un montant de 24,3 milliards de dollars. Le projet doit encore être examiné par le Congrès, où des élus s'inquiètent notamment que la technologie de l'appareil ne fuite vers la Chine.

Des avions F-35 de l'armée de l'air royale norvégienne, à Oslo, en Norvège, le 9 septembre 2026. © Claudia Greco, Reuters

Un énorme contrat qui intervient en plein conflit au Moyen-Orient. Le gouvernement américain a approuvé, jeudi 17 septembre, une vente de 24,3 milliards de dollars portant sur 48 avions de combat furtifs F-35 à l'Arabie saoudite.

Comme l'exige la loi américaine, le département d'État a informé le Congrès de ce projet de vente, qui devra être approuvé par les législateurs américains. Certains y sont opposés en raison notamment de craintes que la technologie de cet appareil de pointe ne fuite vers la Chine.

"La vente proposée renforcera la capacité de l'Arabie saoudite à dissuader les menaces actuelles et futures en consolidant sa défense nationale et en améliorant l'interopérabilité avec les forces américaines", a indiqué le département d'État pour justifier le projet de vente.

"Partenariat stratégique"

L'Arabie saoudite a salué cette annonce, soulignant par la voix de son ambassade à Washington que "la vente proposée de F-35 témoigne de la solidité et du caractère durable du partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, ainsi que de la progression constante de notre coopération en matière de défense".

Riyad cherche depuis longtemps à acquérir des F-35, mais Israël – seul pays de la région à exploiter ces avions – avait exprimé de fortes réserves.

Cette vente d'avions "permettra également d'augmenter le nombre d'avions opérationnels de l'Arabie saoudite et de renforcer ses capacités d'autodéfense air-air et air-sol", a souligné le département d'État. Mais, selon lui, elle "ne modifiera pas l'équilibre militaire dans la région", conformément à la politique américaine de longue date selon laquelle Israël doit disposer d'un avantage militaire sur ses adversaires régionaux potentiels.

La livraison effective de ces avions devrait s'étaler sur plusieurs années.

Une technologie "à la portée du Parti communiste chinois"

Le New York Times a rapporté cette semaine que des analystes des services de renseignement américains avaient évoqué la possibilité que Pékin puisse acquérir la technologie du F-35 grâce à ses partenariats avec Riyad.

"L'administration Trump ne devrait pas donner suite à son projet de vente d'avions de chasse F-35 à l'Arabie saoudite alors que nos propres services de renseignement nous avertissent que cela pourrait mettre les joyaux de la technologie militaire américaine à la portée du Parti communiste chinois", a mis en garde un élu démocrate, Raja Krishnamoorthi, membre de la commission du renseignement à la Chambre des représentants.

Jusqu'à présent, les États-Unis n'ont autorisé la vente de F-35, un avion de combat ultrasophistiqué, qu'à leurs alliés les plus proches, notamment plusieurs pays européens membres de l'Otan et Israël.

Washington a exclu la Turquie, membre de l'Otan, du programme F-35 en 2019, protestant contre l'achat par Ankara d'un système de défense aérienne russe.

Série d'achats majeurs d'armements

Cette acquisition est la dernière en date d'une série d'achats majeurs d'armements effectués par l'Arabie saoudite cette année en plein conflit au Moyen-Orient provoqué par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran lancées en février. Depuis lors, l'Arabie saoudite a été entraînée dans le conflit.

Régulièrement frappée par l'Iran, elle fait aussi face depuis juillet à une offensive des forces antigouvernementales yéménites houthies, soutenues par Téhéran, qui placent Riyad, premier exportateur mondial de brut, sous forte pression.

Selon un responsable américain, une unité militaire américaine est à l'œuvre pour renforcer le partage de renseignements avec l'Arabie saoudite face aux attaques des Houthis.

Début septembre, le département d'État avait annoncé avoir approuvé une vente de plus de 10 000 bombes à Riyad, pour un montant de 5 milliards de dollars, mais Washington ne s'est pas engagé à intervenir directement contre les Houthis.

Avec AFP