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Les bureaux de vote ont ouvert vendredi en Russie pour trois jours de législatives, les premières depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine en 2022. En l'absence de véritable opposition, le parti de Vladimir Poutine devrait remporter ce scrutin, également organisé dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou.

Préparation d'un bureau de vote à Moscou, le 17 septembre 2026. © Pavel Bednyakov, AP

Coup d'envoi de trois jours de législatives en Russie. Les bureaux de vote ont ouvert vendredi 18 septembre pour un scrutin que devrait remporter le parti de Vladimir Poutine, sur fond de guerre en Ukraine.

Le vote pour renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, est prévu pour durer jusqu'à dimanche 18 h GMT et les premiers résultats doivent tomber dans la foulée.

Ces législatives sont les premières depuis le début de l'offensive à grande échelle lancée par Moscou en Ukraine en février 2022. Elles sont également organisées dans les territoires de l'est de l'Ukraine occupés et annexés par la Russie.

Le scrutin permettra au Kremlin de se faire une idée de l'état d'esprit des Russes, alors que les initiatives diplomatiques pour mettre fin au conflit meurtrier ont toutes échoué jusqu'à maintenant.

Répression de toute forme d'opposition

Les électeurs russes et les analystes s'attendent à ce que Russie unie, le parti du président déjà majoritaire dans la Douma sortante, remporte le scrutin et continue de dominer l'organe législatif.

Face à Russie unie, seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine – les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes – ont été autorisées à concourir.

"Russie unie va obtenir la majorité quoi qu'il arrive", prédit Apostol, un Moscovite de 20 ans. "Je ne vois donc pas l'intérêt de voter pour un parti d'opposition."

Iabloko, le seul parti frontalement opposé à la guerre en Ukraine, a d'abord été autorisé à participer au scrutin avant d'en être privé par la justice au mois d'août, dans un contexte de répression de toute forme d'opposition.

"Poutine aime à comparer sa situation politique à ce qui se passe dans les pays européens", explique Tatiana Stanovaïa, du Centre Carnegie Russie Eurasie, interdit en Russie en tant qu'organisation "indésirable". "Il peut dire : 'Regardez, nous avons eu une élection. Je bénéficie d'un soutien considérable de la part des Russes. Nous sommes tous unis.' C'est donc pour lui quelque chose de très important, sur le plan personnel, émotionnel et politique", dit-elle à l'AFP.

Lors d'une brève allocution télévisée mercredi soir, le président russe a d'ailleurs incité ses concitoyens à voter, car "votre choix et votre détermination montreront une fois de plus que des millions de personnes soutiennent nos combattants et que nous sommes unis" dans le conflit en Ukraine.

Vers une nouvelle mobilisation ?

Car, et c'est tout l'enjeu, le scrutin servira de marqueur à l'agacement de la population face à un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés et qui ne cesse de miner le quotidien des Russes, même de ceux qui vivent à des centaines de kilomètres de l'Ukraine.

Kiev multiplie les frappes de longue portée contre les infrastructures énergétiques et les entreprises privées, notamment les géants de l'e-commerce Wildberries et Ozon, provoquant des morts parmi la population civile, des pénuries d'essence et des milliards de roubles de dégâts matériels.

Écartée du scrutin, l'opposition en exil a appelé tous les "Russes opposés à la guerre" à voter contre le parti de Vladimir Poutine le même jour à la même heure, le 20 septembre à midi, pour montrer leur nombre.

Autre sujet qui pèse sur ces élections : la crainte d'une nouvelle mobilisation sur le modèle de la "mobilisation partielle" de 300 000 réservistes en septembre 2022.

Depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que cette mesure serait annoncée "à l'automne" après les législatives, le chef de l'État russe et son entourage ont réfuté à de multiples reprises ce "scénario", très impopulaire jusque dans les cercles dirigeants à Moscou.

Avec AFP