Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que "des progrès majeurs ont été réalisés en vue de la mise en place d'une base de l'armée de Terre américaine en Pologne", où 10 000 soldats américains sont actuellement stationnés. En Lituanie, le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu'il s'attendait à des annonces imminentes de la part de Washington sur la présence américaine sur son sol.
Le président américain Donald Trump s'est félicité jeudi 17 septembre de "progrès majeurs" en vue de la création d'une base militaire américaine en Pologne, après que Varsovie a indiqué être en discussions avec Washington sur le sujet.
Avec Karol Nawrocki, président de la Pologne, "des progrès majeurs ont été réalisés en vue de la mise en place d'une base de l'armée de Terre américaine en Pologne. Si cela se concrétise, l'emplacement sera annoncé très prochainement", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. "Ce sera une étape historique pour notre grande alliance entre les États-Unis et la Pologne", a-t-il ajouté.
Le président nationaliste polonais lui a rapidement répondu sur le réseau X, en anglais. "Merci, Monsieur le Président @realDonaldTrump, pour vos aimables paroles, notre amitié et votre engagement ferme envers le partenariat polono-américain. Nous sommes prêts à poursuivre nos efforts pour renforcer notre coopération en matière de défense : sérieusement, de manière responsable et toujours ensemble", a-t-il écrit.
"Je peux vous assurer que le gouvernement polonais fera tout son possible pour fournir le meilleur emplacement possible pour la base de l'armée américaine", a assuré Karol Nawrocki, entré depuis son élection en 2025 en cohabitation avec le gouvernement centriste et pro-européen de Donald Tusk.
10 000 soldats américains stationnés en Pologne
Soutenu par le parti national-conservateur Droit et Justice (PiS), Karol Nawrocki a opposé son veto au programme Safe de l'UE censé apporter 44 milliards d'euros à Varsovie sous forme de prêts afin de renforcer sa défense. Karol Nawrocki et le PiS voient dans le programme Safe un cheval de Troie permettant à Bruxelles – et à Berlin, toujours perçu comme le voisin dominateur par une partie de la droite - d'exercer une pression sur Varsovie, notamment par un mécanisme de contrôle de l'allocation des fonds. Même si le programme n'a pu être adopté tel quel, l'exécutif de Donald Tusk a trouvé depuis - pour partie - des moyens de contourner la censure présentielle.
Environ 10 000 soldats américains sont stationnés actuellement en Pologne, quasi exclusivement dans un système de rotations.
En Lituanie, ex-république soviétique voisine de la Pologne, le ministre des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, a déclaré à la télévision publique de son pays, LRT, qu'il s'attendait à des annonces imminentes de la part de Washington sur la présence américaine sur son sol. "Nous recevrons très prochainement des annonces officielles concernant les projets des États-Unis. L'évolution est donc tout à fait positive, et c'est une excellente nouvelle", a-t-il dit depuis Washington. "On parle de quelques jours, voire des prochaines semaines", a ajouté le ministre.
Les États-Unis menacent l'Otan
Les États-Unis ont formellement lancé un réexamen de leur présence militaire en Europe, destinée à la pousser à assumer "la responsabilité principale de sa défense conventionnelle", laissant ainsi planer le spectre d'une réduction significative de sa présence sur le Vieux continent.
La Pologne, qui joue un rôle stratégique sur le flanc oriental de l'Otan et consacre déjà environ 5 % de son PIB à la défense, modernise son armée à coups de milliards d'euros d'achats, notamment aux États-Unis, et œuvre au renforcement de la présence américaine sur son territoire.
Les États-Unis ont sévèrement critiqué nombre de pays européens qui ont refusé aux forces américaines l'utilisation des bases de l'Otan sur leur territoire pendant la guerre contre l'Iran.
Le ministre américain à la Défense, Pete Hegseth, avait également menacé l'Alliance de réduire la contribution américaine à son budget si certains États refusaient de respecter les engagements pris l'an dernier lors du sommet de l'Otan à La Haye. Les Alliés y avaient promis de consacrer, d'ici à 2035, au moins 5 % de leur Produit intérieur brut à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5 % à leurs dépenses strictement militaires.
Avec AFP
