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Le magazine d'investigation de France 2 Complément d'enquête diffusé jeudi soir met en cause le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, concernant la diffusion d'une fausse information sur la prétendue présence de drogue dans le sac de Rima Hassan lorsque celle-ci avait été placée en garde à vue début avril.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, le 14 juillet 2026, à Paris. © Ludovic Marin, AFP

Un ministre qui participe à une "fake news" visant une adversaire politique ? C'est ce qu'avance l'émission Complément d'enquête, diffusée jeudi 17 septembre sur France 2, qui affirme que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a participé à la diffusion d'une information inexacte sur la drogue détenue par l'eurodéputée Rima Hassan en avril. L'entourage du ministre évoque "une discussion en off avec des médias" sur des "informations déjà connues".

Le 2 avril, Rima Hassan est convoquée et placée en garde à vue pour apologie de terrorisme pour l'un de ses posts sur X. Plusieurs médias, dont l'AFP, font état de la découverte par les policiers d'une petite quantité de drogue de synthèse dans le sac de l'eurodéputée LFI.

Mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants a été classée sans suite par le parquet de Paris après analyse des deux contenants retrouvés.

Selon Complément d'enquête, le ministre de l'Intérieur "en personne a en partie contribué à la diffusion de cette fausse information".

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De retour le 2 avril d'un déplacement à Bordeaux avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez, interrogé dans le train sur la présence de drogue dans le sac de l'eurodéputée, a dit, selon l'un des journalistes interrogés par l'émission et cités mercredi dans un article de franceinfo :  "Il se peut que ce soit exact", évoquant "un truc de synthèse" pour le premier produit et "un dérivé de la cocaïne" pour le second, ajoutant "qu'il ne s'y connaît pas trop".

D'après un autre journaliste cité par franceinfo, le ministre a donné "le point de vue de Rima Hassan, qui, lors de sa garde à vue, explique qu'elle a acheté ces substances en Belgique et qu'elle pensait que c'était autorisé".

Demande d’audition du ministre

"De tels faits, s'ils venaient à être confirmés, revêtiraient une exceptionnelle gravité et caractériseraient une atteinte supplémentaire au secret de l'enquête ainsi qu'à la présomption d'innocence", a réagi l'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth.

L'avocat demande l'ouverture d'une information judiciaire pour "identifier sans délai les personnes à l'origine de ces fuites et d'en comprendre les motivations" ainsi que l'audition par un juge de Laurent Nuñez "dans les meilleurs délais".

De son côté, l’entourage du ministre minimise l’affaire. "L'échange relaté a eu lieu dans le cadre d'une discussion en off avec des médias, lancée à l'initiative des journalistes au sujet d'informations déjà connues et publiées bien plus tôt, celles de la garde à vue de Rima Hassan le 2 avril, et du fait qu'elle aurait détenu des produits stupéfiants", a indiqué mercredi à l'AFP une source au cabinet du ministre.

"Questionné dans le contexte de cet échange off par plusieurs journalistes, le ministre de l'Intérieur a appelé à la prudence concernant les faits évoqués", a-t-on ajouté.

"Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de me nuire dans le cadre des procédures dont je fais l'objet", avait dénoncé Rima Hassan le lendemain de sa garde à vue.

"Un ministre manipulateur manipule des journalistes sans scrupules ni conscience professionnelle. Des heures de calomnies. Tout ça sous l'influence d'une drogue bien connue des milieux suprémacistes : la haine des Palestiniens et le soutien au génocide", a réagi mercredi sur X le chef des insoumis, Jean-Luc Mélenchon.

Avec AFP