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En Suède, la gauche légèrement en tête dans des législatives ultra-serrées

176 mandats pour la gauche, 173 pour la droite et l'extrême droite : les deux grands blocs politiques de Suède sont au coude-à-coude à l'issue des élections législatves, un résultat présageant de négociations ardues pour former un gouvernement. 

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Image de couverture : La cheffe des sociaux-démocrates de Suède, Magdalena Andersson, à Stockholm, le 13 septembre 2026 © Jonas EKSTROMER / TT News Agency/AFP

Seulement 29 000 voix d'avance pour la gauche, face à l'alliance de la droite et de l'extrême droite : les deux grands blocs politiques de Suède sont au coude-à-coude lundi 14 septembre à l'issue des élections. Magdalena Andersson, leader des sociaux-démocrates, dirigera-t-elle le pays nordique, une fois le comptage des législatives terminé ? Elle paraît à ce stade la mieux placée.

Mais son rival Ulf Kristersson, le Premier ministre conservateur sortant, ne s'avoue pas vaincu. Difficile donc de prédire l'issue finale de ce scrutin, riche en rebondissements comme la Suède en a l'habitude.

"La situation est vraiment tendue", assure Mikko Duvaldt, un ouvrier croisé par l'AFP dans une gare de Stockholm. "Pour chaque camp, ça va être difficile de former un gouvernement", prédit ce Suédois de 48 ans. "Tout ça me stresse", renchérit Pernilla Karlsson, 53 ans.

D'autant que le dépouillement n'est pas encore terminé. À ce stade, la gauche dispose de 176 sièges, contre 173 pour la droite et l'extrême droite.

Une des surprises de ce scrutin ? Le score du parti d'extrême droite "les Démocrates de Suède", qui recule pour la première fois depuis son entrée au Parlement il y a 16 ans - à rebours du reste de l'Europe.

Coalitions

De premières réunions sont organisées lundi par les partis pour tenter de tirer les leçons de ce scrutin. Et réfléchir à la suite.

"Pour l'instant, nous sommes en tête. Et si cela se confirme, alors la Suède aura un nouveau gouvernement", a lancé la sociale-démocrate de 59 à ses partisans dimanche soir.

Son avance ne sera confirmée que mercredi, quand toutes les voix auront été comptées.

Si elle est bien avérée, c'est alors que le plus difficile commencera : deux des membres de sa potentielle coalition, le parti de gauche et le parti centriste, ont beaucoup de mal à s'entendre.

Ils "ont leurs lignes rouges, mais cela va aussi dépendre des questions de fond, et de ce qu'ils réussiront à obtenir, ce qui déterminera si et quand les lignes rouges seront abandonnées", explique la politologue Annika Fredén, de l'Université de Lund. "Donc ça va prendre du temps", affirme-t-elle.

En Suède, la gauche légèrement en tête dans des législatives ultra-serrées
Le Premier minsitre suédois sortant Ulf Kristersson, à Stockholm le 14 septembre 2026 © Christine Olsson/TT / TT News Agency/AFP

En parallèle, droite et extrême droite refusent pour l'heure de reconnaître la défaite. Pour rester au pouvoir, Ulf Kristersson va lui aussi essayer de construire une possible coalition en cherchant à l'élargir vers le centre.

Mais l'exercice va là encore être délicat : avant le scrutin, la droite avait garanti des postes ministériels à l'extrême droite, une perspective rédhibitoire pour les centristes.

Place donc aux discussions. "En Suède, nous avons une culture de la négociation et il existe une forte réticence à organiser de nouvelles élections", a dit Annika Fredén.

Recul de l'extrême droite

Quid de l'extrême droite ? Ce parti, le SD, perdrait trois points en quatre ans, passant de 20,54 % en 2022 à 17,6 % selon les résultats provisoires, sur près de 95 % des bulletins dépouillés. Il est relégué à la troisième place derrière les sociaux-démocrates et la droite modérée d'Ulf Kristersson.

En Suède, la gauche légèrement en tête dans des législatives ultra-serrées
Des analystes ont attribué le recul de l'extrême droite au durcissement des politiques en matière de migration et de criminalité © Johan NILSSON / TT News Agency/AFP

Des analystes ont attribué ce recul au durcissement des politiques en matière de migration et de criminalité.

"La question migratoire était plus brûlante en 2015/2016, désormais, beaucoup de partis se sont ralliés à une politique stricte, et SD n'a pas réussi à devenir fort sur d'autres sujets", juge Annika Fredén.

"Nous n'avons pas encore le résultat définitif, mais il est évident que nous avons perdu quelques points de pourcentage par rapport à notre score d'il y a quatre ans", a constaté leur chef Jimmie Åkesson lors de sa électorale dimanche.

Mais cela ne l'empêcherait pas nécessairement de rejoindre un gouvernement d'Ulf Kristersson, si la gauche échouait dans ses tractations.

Avec AFP