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RéessayerLe 26 août, après 8 h 30. Un glissement de terrain provoque l'effondrement d'un glacier sur la face nord du Langtang Lirung, un sommet himalayen situé à la frontière entre le Népal et la Chine. En quelques minutes, un tsunami de glace et de roche dévale la montagne, détruit tout ce qui se trouve sur son passage et sème la mort. Le Népal, petite nation de trente millions d'habitants, vient de subir une nouvelle catastrophe, alors le pays se relève à peine du séisme de 2015.
Nos reporters Alban Alvarez et Fantine Dantzer se sont rendus au Népal pour France 24.
Des villages entiers ont été rasés par la vague géante, submergés par un magma de boue. Des rares bâtiments encore debout, on ne distingue bien souvent que les étages. Les routes, les ponts ont été pulvérisés, tout comme une dizaine de centrales hydroélectriques, privant le pays de 10 % de sa production d'électricité.
À Devighat, le centre-ville a disparu, le temple hindou a été emporté par les flots. Alertée à temps, la population a pu se mettre à l'abri. Mais Devighat est à 80 km de l'origine de la catastrophe. Les habitants en amont n'ont pas eu cette chance.
De jour en jour, le nombre de morts et de disparus n'a cessé d'augmenter. Les victimes sont népalaises, indiennes, chinoises, britanniques, américaines, australiennes… Nombreuses sont celles qui vivaient et travaillaient dans la vallée. D'autres étaient venues pour faire un trek ou pour un pèlerinage hindou.
La Gen Z népalaise se mobilise
À l'hôpital public de Katmandou, tout comme à l'entrée de la base militaire de Bidur, des centaines de photos de disparus ont été affichées. Les familles défilent par centaines dans l'espoir d'avoir des nouvelles - bonnes ou mauvaises - d'un ou de plusieurs proches.
Une course contre la montre s'engage après la catastrophe : aider les rescapés, retrouver les survivants, et identifier les victimes. Les secours multiplient les rotations en hélicoptère - la voie aérienne est la seule option possible pour atteindre des zones reculées désormais coupées du monde. De son côté, la société civile se mobilise, et notamment sa génération Z. De Katmandou à Betrawati, notre équipe a suivi un convoi humanitaire organisé par la jeunesse népalaise, sur une des routes les plus impraticables du pays.
Appel à la justice climatique
Quid de l'après ? Comment expliquer qu'une telle catastrophe ait pu se produire ? Très rapidement, le réchauffement climatique est pointé du doigt. Et pour cause : les scientifiques népalais constatent que les glaciers de l'Himalaya ne cessent de reculer. Pire, leur fonte s'est accélérée ces dix dernières années, déstabilisant les sommets les plus hauts du monde.
Or, le Népal ne contribue qu'à 0,1 % des émissions de gaz à effet de serre, mais subit violemment les conséquences de la fonte des glaciers. Une injustice aux yeux de la population - qui vit encore en majorité dans les montagnes - et du gouvernement.
Le ministre népalais des Affaires étrangères l'a martelé : les puissances - États-Unis, Europe, Chine, Inde - qui ont prospéré, se sont industrialisées et continuent de polluer doivent désormais prendre leurs responsabilités et dédommager les pays les plus vulnérables. C'est ce qu'on appelle la justice climatique.
