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Un "vent de panique" : avec la victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt, les étrangers redoutent un tournant

À l'approche des élections régionales en Saxe-Anhalt, remportées dimanche par l'AfD, de nombreux étrangers installés en Allemagne redoutaient déjà les conséquences d'une victoire de l'extrême droite. Amara Makhoul, rédactrice en chef d'InfoMigrants, revient lundi sur les mesures promises par le parti et les inquiétudes qu'elles suscitent.

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Image de couverture : Des membres de l'AfD célèbrent la victoire du parti d'extrême droite à l'issue des élections régionales en Saxe-Anhalt en brandissant une pancarte à l'effigie d'Ulrich Siegmund, à Magdebourg, le 6 septembre 2026. © Matthias Schrader, AP

Un "vent de panique". C'est ainsi qu'Amara Makhoul, rédactrice en chef d'InfoMigrants, résume le sentiment qui s'est installé chez une partie des étrangers vivant en Saxe-Anhalt pendant la campagne de l'AfD aux élections régionales. Les craintes exprimées avant le scrutin trouvent aujourd'hui un nouvel écho : avec sa victoire, l'extrême droite est désormais en position de diriger, pour la première fois depuis 1945, une région allemande.

Pour France 24, la journaliste revient sur les promesses du parti anti-immigration et sur les craintes grandissantes des réfugiés et immigrés installés dans cette région de l'est de l'Allemagne.

"Supprimer le droit d'asile"

L'AfD promet une série de mesures contre l'immigration, même si leur compatibilité avec le droit reste incertaine, rappelle la journaliste. Le parti veut notamment "supprimer le droit d'asile dans cette région, en estimant que l'entrée sur le territoire allemand ne devrait se faire que via un pays tiers sûr".

Il souhaite également "retirer les titres de séjour des étrangers ayant fait l'objet de condamnations pénales, ne plus reconnaître les Ukrainiens comme réfugiés de guerre et leur refuser les prestations sociales". Autre mesure emblématique : la "suppression de l'asile religieux", un dispositif propre à l'Allemagne qui permet aux personnes en situation irrégulière de trouver temporairement refuge dans une église.

L'AfD propose aussi d'"obliger les réfugiés à travailler dans le traitement des déchets et le nettoyage des espaces publics", poursuit Amara Makhoul, de "réexaminer des naturalisations déjà accordées et d'utiliser les prisons pour incarcérer les étrangers en attente d'expulsion".

"Certains sont déjà partis"

Pour les étrangers installés dans la région, le scrutin a suscité de l'"inquiétude" et de la "peur", raconte la rédactrice en chef d'InfoMigrants. "Un vent de panique a saisi certains d'entre eux. Certains ont pris les devants et ont déménagé [avant même le scrutin, NDLR], par crainte que le climat ne devienne plus hostile."

Ayman Alyoussef, cardiologue arrivé de Syrie en 2014, vit depuis un an à Quedlinbourg avec son épouse et leurs enfants. Toute la famille a obtenu la nationalité allemande. "Quand je ne suis pas sur mon lieu de travail, les gens peuvent penser que je suis un étranger vivant aux crochets de la ville. Les gens disent, 'on ne veut pas de lui ici'. C'est ça le problème", déclarait-il fin août à l'AFP, redoutant désormais que cette hostilité ne s'intensifie dans la région.

À Magdebourg, Rezwaan Talash, Afghan de 24 ans installé depuis six ans et employé dans un magasin d'informatique, partage la même angoisse. "Quand je pense aux élections, je me demande si je serai toujours aussi intégré, si ma vie restera telle qu'elle est maintenant."

Selon Amara Makhoul, la Saxe-Anhalt dépend fortement des travailleurs étrangers, notamment dans le secteur de la santé. "Plus d'un médecin sur quatre n'a pas la nationalité allemande dans cette région", relate-t-elle. "La plupart sont originaires d'Azerbaïdjan, de Russie, de Roumanie ou de Syrie."