
De nouvelles frappes israéliennes ont fait 13 morts lundi dans le sud du Liban, où l'armée israélienne dit vouloir continuer à cibler le Hezbollah malgré la trêve. Depuis vendredi, le bilan est de 27 morts.
Israël a affirmé lundi 7 septembre qu'il allait continuer à viser le Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu, après des frappes qui ont fait 13 morts, dont des femmes et des enfants, la plupart membres d'une même famille.
Depuis qu'elle a annoncé jeudi avoir pris le contrôle de la crête d'Ali Taher, une position stratégique du Hezbollah à Nabatiyé, l'armée israélienne intensifie ses frappes dans cette région.
Dans la nuit de dimanche à lundi, 11 personnes, parmi lesquelles deux enfants et quatre femmes, ont été tuées dans une frappe sur un immeuble résidentiel de Kfar Remmane, a indiqué le ministère de la Santé. Un jeune homme, âgé de 18 ans selon une organisation des secours proche du Hezbollah, a en outre été tué et un autre blessé dans ce village.
De nouvelles frappes ont eu lieu plus tard dans la journée, tuant une personne dans le village de Rihan, et en blessant neuf personnes dont deux enfants et trois femmes à Nabatiyé.
Les habitants vivent "dans l'angoisse"
L'armée israélienne a dit avoir frappé des "sites d'infrastructures" du Hezbollah en réponse au lancement de deux drones chargés d'explosifs en direction de ses soldats, ajoutant qu'elle continuerait à "mener des opérations pour éliminer les menaces tout en restant attachée à l'accord de cessez-le-feu". Les habitants de ce village jouxtant la grande ville de Nabatiyé étaient revenus chez eux à la faveur de la trêve en juin, après avoir été déplacés par la guerre entre Israël et le Hezbollah.

"Depuis qu'on est revenus, on vit dans l'angoisse", raconte à l'AFP Fouad Chakaron, un habitant du quartier. Il assure que l'immeuble visé était habité par "des gens qui n'avaient aucun lien avec quiconque", en allusion au mouvement chiite.
Après le raid, les habitants du quartier ont de nouveau fui, tandis que plusieurs immeubles voisins ont été endommagés, a constaté l'AFP. La frappe n'avait été précédée d'aucun avertissement de l'armée israélienne, contrairement à celle menée dans le village voisin de Deir Zahrani.
Après le "lancement d'un drone explosif" par le mouvement pro-iranien en direction des forces israéliennes, l'armée israélienne avait averti sur Telegram dans la nuit qu'elle allait "cibler" un local du Hezbollah. Abbas Toufeili, le propriétaire du bâtiment, raconte à l'AFP avoir reçu un appel téléphonique "à deux heures du matin, me disant de sortir (...)". "J'ai réveillé ma femme, mes enfants et ma mère âgée. Nous sommes sortis en pyjama et sommes restés debout dans la rue. Cinq minutes plus tard, l'aviation a bombardé la maison".

Depuis vendredi, 27 personnes ont été tuées dans des frappes sur le sud, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé. "Le Hezbollah continue d'essayer de reconstituer ses capacités militaires dans le sud du Liban. Ces violations ne seront pas tolérées", a écrit lundi sur X le ministère israélien des Affaires étrangères.
De nouveaux pourparlers attendus en septembre
Si les hostilités ont baissé d'intensité depuis fin juin à la suite d'un protocole d'accord américano-iranien et d'un accord-cadre entre le Liban et Israël, l'armée israélienne continue de mener des frappes sporadiques dans le sud, où elle occupe une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres. Le Hezbollah, pour sa part, n'a plus revendiqué d'attaques depuis le 20 juin.
Jeudi, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d'Ali Taher, qui surplombe Nabatiyé, affirmant que le Hezbollah avait creusé un réseau souterrain de tunnels sous cette position. Le Hezbollah n'a pas confirmé.

Après les frappes de dimanche, le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à "faire cesser" les attaques israéliennes. De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu'aucune date n'ait été annoncée.
Avec AFP
