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Tel Aviv rejette les accusations de Dubaï contre le Mossad

Israël joue sur l'absence de preuves et rejette en bloc les accusations de l'émirat de Dubaï, persuadé de l'implication du service de renseignement israélien dans le meurtre d'un chef du Hamas sur son territoire en janvier.

Face aux remous provoqués par l’assassinat d’un cadre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, le 20 janvier à Dubaï, Israël a balayé d’un revers de main la responsabilité du Mossad dans ce meurtre, évoquant l’absence de preuves tangibles.

“A ce stade, il n’existe aucune preuve permettant de lier Israël à l’incident. L’affaire devrait se clore rapidement“, a déclaré, vendredi, un haut responsable israélien dans le journal de gauche Haaretz.

“A ce jour, personne ne sait ce qu’il s’est passé. La police de Dubaï n’a même pas expliqué les circonstances de la mort [de Mahmoud al-Mabhouh] “, affirme également à l’AFP un officiel israélien ayant requis l’anonymat.

Pour la presse israélienne, en revanche, l’implication du Mossad dans l’assassinat du dirigeant du Hamas ne fait aucun doute. Elle n’hésite pas à fustiger, comme le quotidien de gauche Haaretz, “l’amateurisme des agents du Mossad“.

S’il s’avère que le Mossad est directement impliqué dans l’affaire, le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfan, a annoncé qu’il demanderait l’arrestation du numéro un du service secret israélien : Meir Dagan.

Jeudi, le général Khalfan s’est dit “certain à 99 %, sinon à 100 %, que le Mossad est derrière le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh."

Mandats internationaux et faux passeports

Interpol a émis, jeudi, des avis de recherche internationaux à l’encontre des 11 individus – 10 hommes et une femme - suspectés d’avoir assassiné Mahmoud al-Mabhouh, l’un des dirigeants, fondateur et pourvoyeur en armes de la branche armée du Hamas.

Les membres du commando, suspectés d’appartenir au Mossad, détenaient des passeports européens : six britanniques, trois irlandais, un français et un allemand. A l’instar de la police émiratie, Interpol a déclaré avoir “des raisons de penser que les suspects liés à ce meurtre ont usurpé les identités de personnes existantes“. Le mandat de recherche devrait, selon l’organisation, permettre d’innocenter “les citoyens ordinaires dont les identités ont été usurpées“.

L’utilisation de passeports européens par le commando a, par ailleurs, déclenché des tensions diplomatiques avec Londres, Dublin, Paris et Berlin, qui, jeudi, ont convoqué les ambassadeurs israéliens. Sans grand succès.

A l’issue de ces entretiens, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a dit “espérer et attendre qu’Israël coopère pleinement avec l’enquête“ annoncée la veille par le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Selon le Daily mail, les services secrets britanniques étaient au courant “d’une opération“ durant laquelle des agents israéliens utiliseraient des passeports britanniques.

Le 20 janvier dernier, Mahmoud al-Mabhouh, un palestinien de 50 ans, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel de Dubaï. Connu des services secrets israéliens, l’activiste du mouvement islamiste Hamas s’était rendu dans l’émirat pour conclure une vente d’armes destinée à fournir le bras armé de l’organisation palestinienne : les brigades Ezzedine al-Qassam.

Le déroulé de la journée de l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh
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