
Une semaine après la crue dévastatrice qui a frappé le Népal, à la frontière avec la Chine, plus de 4 500 personnes restent portées disparues mercredi. À Katmandou, les familles parcourent hôpitaux et morgues dans l'espoir d'identifier un proche, alors que les chances de retrouver des survivants s'amenuisent.
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RéessayerLes murs de la morgue de l'hôpital universitaire de Katmandou sont recouverts de photographies. Des dizaines de corps retrouvés au Népal après la crue survenue dans l'Himalaya il y a une semaine. Pour les familles et les proches des plus de 4 500 disparus, chaque image représente un mince espoir de mettre fin à une attente devenue insoutenable.
Chaque jour, ces familles passent d'un hôpital à l'autre, consultent les listes de rescapés et scrutent les clichés des corps non identifiés rapportés par l'armée et conservés dans les chambres froides de la morgue.
"Je ne trouve son nom nulle part"
Parmi elles, une jeune femme rencontrée par France 24 cherche désespérément son frère depuis une semaine. Elle raconte leur dernier échange téléphonique.
"Je lui ai dit : 'Je te rappellerai ce soir.' Il a ri, puis il a raccroché. C'était notre dernière conversation. J'aimerais entendre sa voix une dernière fois. Je suis allée partout, dans des hôpitaux, j’ai consulté toutes les listes… mais je ne trouve son nom nulle part." En larmes et à bout de forces, elle finit par perdre connaissance.
Dans la morgue, les familles qui pensent avoir reconnu un proche sur les photos diffusées par la police attendent désormais de pouvoir identifier les dépouilles. Dix nouveaux corps viennent encore d'arriver.
Somnath Acharya cherche son frère de 41 ans, officier d'immigration à la frontière entre le Népal et la Chine, l'une des zones les plus durement frappées par la catastrophe. "Même s'il est mort, nous voulons juste pouvoir récupérer son corps", explique-t-il à France 24. "Cela nous permettrait de faire notre deuil."
Il ne nourrit plus l'espoir de le retrouver vivant. Son souhait est désormais de pouvoir accomplir les rites funéraires.
Un deuil suspendu aux tests ADN
Sur les 94 corps conservés dans cette morgue, seuls neuf ont pu être identifiés jusqu'à présent.
Bishun Dayal Patel, professeur, pense avoir reconnu son neveu, employé d'une centrale hydroélectrique. Mais avant toute restitution, les autorités exigent une confirmation par ADN. Il doit désormais se soumettre à un prélèvement et attendre les résultats des analyses.
"80 % des corps ne sont plus reconnaissables", assure Bishun Dayal Patel. "Plusieurs jours se sont écoulés et le processus de décomposition a commencé. On ne peut même plus reconnaître le corps d’un membre de sa propre famille."
À mesure que les opérations de secours se poursuivent, les chances de retrouver des survivants s'amenuisent. Le personnel médical se prépare désormais à recevoir encore davantage de corps dans les jours à venir.
