
Photo d'archive montrant le président américain Donald Trump en compagnie de Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite, prise le 14 mars 2017 à la Maison Blanche. © Evan Vucci, AP
Les États-Unis prévoient d'annoncer, mercredi 22 juillet, un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.
L'annonce interviendrait alors que les États-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Riyad.
Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté, mardi, que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Riyad mercredi.
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.
En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.
La crainte d'une bascule vers le nucléaire militaire
Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.
Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.
Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les États-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.
L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.
Déjà un accord avec les Émirats
L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.
Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.
Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.
En mai, la centrale nucléaire émiratie de Barakah, la seule installation de ce type dans le monde arabe, a été attaquée par un drone qui a frappé un générateur, provoquant un incendie.
Abou Dhabi avait attribué l'attaque à des milices irakiennes pro-iraniennes, sur fond d'hostilités entre Washington et Téhéran.
Malgré un cessez-le-feu et un protocole d'accord signé en juin, les affrontements ont repris le 7 juillet, faisant craindre à la région, notamment au Golfe, d'être encore davantage déstabilisée.
Avec AFP
