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Les chaînes américaines CNN et MS NOW ainsi que le média en ligne Politico, récemment déclarés persona non grata à la Maison Blanche, ont exhorté un juge mercredi à déclarer la décision de Donald Trump illégale. Le juge a levé l'audience après moins d'une heure, promettant aux parties "une réponse dès que possible".

Du matériel vidéo de MS Now près de la Maison Blanche à Washington, le 21 septembre 2026. © Alex Wroblewski, AFP

L'administration Trump et trois médias décrétés persona non grata à la Maison Blanche se sont affrontés mercredi 23 septembre devant un juge fédéral à Washington quant à la légalité de cette décision sans préavis de Donald Trump. 

Le président républicain a créé la surprise le 18 septembre en annonçant bloquer "avec effet immédiat" les accès des chaînes CNN et MS NOW et du média en ligne Politico, les accusant de relayer de "fausses informations".

Les trois médias ont répliqué lundi en saisissant la justice contre une atteinte "directe au Premier amendement" de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation "flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux".

Le juge Timothy Kelly a levé l'audience après moins d'une heure, promettant aux parties "une réponse dès que possible", sans autre indication. Il est néanmoins apparu sceptique quant au respect par la Maison Blanche de la jurisprudence en matière de préavis pour de telles décisions.

"Tout d'un coup, cela devient une affaire de sécurité nationale"

Le représentant du gouvernement, Michael Velchik, l'a exhorté à ne pas statuer avant vendredi en fin de journée, échéance fixée par la Maison Blanche dans trois lettres datées de mardi adressées par son service de presse à chacun des médias visés, pour contester leur exclusion. Le président a "offert un processus à ces médias pour contester ces incidents", a-t-il assuré.

Mais l'avocat des médias, Theodore Boutrous, a dénoncé des justifications a posteriori, soulignant que Donald Trump, dans son annonce la semaine dernière, n'a pas évoqué la "sécurité nationale" mais essentiellement son déplaisir face à leur couverture jugée purement "négative" de son action. "Et tout d'un coup, cela devient une affaire de sécurité nationale", a-t-il ironisé.

Du matériel de CNN près de la Maison Blanche à Washington, le 21 septembre 2026. © Alex Wroblewski, AFP

Dans le cas de CNN par exemple, un seul des quatre articles incriminés a été écrit par un journaliste bénéficiant d'un badge d'accès à la Maison Blanche, a souligné l'avocat, y voyant une preuve supplémentaire qu'il s'agit bien de "représailles" de la part du président.

Cette éviction a amené les quatre autres membres du "pool" télévisé de la Maison Blanche - CBS, ABC, NBC et Fox - à décider de cesser leur participation à ce dispositif crucial, dans une manifestation de solidarité inédite avec CNN.

Les journalistes de la Maison Blanche solidaires

Mercredi, au troisième jour du blocage de ce flux vidéo distribué aux télévisions, ni Fox News, CNN ou MS NOW n'ont retransmis en direct les images de l'accueil par Donald Trump du président chinois Xi Jinping près de Washington.

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait privé d'accréditation un journaliste de CNN après un échange tendu. Sous pression d'une décision judiciaire, la Maison Blanche lui avait rendu son badge au bout de douze jours.

Des membres de la presse devant la Maison Blanche à Washington, le 21 septembre 2026. © Alex Wroblewski, AFP

Donald Trump a laissé entendre ces derniers jours qu'il s'attendait à une nouvelle décision favorable aux médias, indiquant déjà sur son réseau Truth Social qu'il "ferait appel".

Dans un argumentaire versé au dossier en vue de cette audience, le ministère de la Justice revendique le droit pour le président des États-Unis d'interdire aux médias l'accès à certaines zones de la Maison Blanche, à sa seule discrétion. "L'accès à la Maison Blanche est un privilège, pas un droit", assène le ministère dans ce document présenté mardi soir.

Mais le juge a indiqué qu'il entendait statuer dans l'immédiat sur la demande de restitution des badges, sans trancher cette question à ce stade.

L'administration Trump reprend ainsi les mêmes arguments que contre l'agence de presse Associated Press, pilier du journalisme américain, écartée en 2025 du Bureau ovale pour avoir refusé d'adopter l'appellation "Golfe d'Amérique" pour le Golfe du Mexique.

L'Association des correspondants à la Maison Blanche, ainsi qu'une cinquantaine de médias, ont affirmé dans un document versé à la procédure soutenir l'action de CNN, MS NOW et Politico.

Avec AFP