
Dans un sport marqué par l'ombre de Lance Armstrong, les performances actuelles de Tadej Pogacar interroge. © Loic Venance, AFP
Sur le Tour de France, la traque des tricheurs continuent. Après le contrôle nocturne de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, des équipes supplémentaires du peloton ont reçu la visite d'inspecteurs lundi 20 juillet.
Parmi elles, la Rd Bull Bora de Remco Evenepoel, actuel 2e, la Decathlon CMA-CGM du Français Paul Seixas (4e) ou encore la Bahrein Victorious de Lenny Martinez (8e). Ont également été concernés : le Groupama-FDJ, la Picnic, la Jayco-AlUla,
Contrairement à ceux subis, dans la nuit de samedi à dimanche, par Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, jugés "inhumains" par de nombreux coureurs, les tests de lundi ont été effectués à des heures plus traditionnelles, dans la soirée, même si certains athlètes étaient déjà au lit.
"Nous aussi on a reçu une visite hier soir, certains coureurs dormaient déjà", a déclaré Ralph Denk, le manager de Red Bull-Bora-Hansgrohe à la chaîne de télévision allemande ZDF.
Les huit coureurs de la formation allemande, dont le Belge Remco Evenepoel, deuxième du classement général, ont été contrôlés vers 22 h, a confirmé un porte-parole : "Cela s'inscrit dans les plages de tests habituelles du matin ou du soir qui ont été appliquées tout au long du Tour et que de nombreuses équipes ont déjà connues. Il ne s'agit donc pas de tests nocturnes comme pour Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard."
L'équipe Decathlon CMA CGM de Paul Seixas a, elle, reçu la visite des contrôleurs de l'ITA "en début de soirée", tout comme Groupama-FDJ dont l'ensemble des sept coureurs encore en course ont été testés vers 20 h 30.
Des contrôles effectués par l'ITA
Les contrôles sur le Tour de France sont effectués par l'International Testing Agency (ITA), un organisme indépendant auquel l'Union cycliste internationale (UCI) a délégué son programme antidopage en 2021.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les agents de l'ITA ont procédé à des contrôles nocturnes qui ont fait beaucoup réagir dans le peloton en testant Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar à respectivement deux heures et cinq heures du matin. Le Danois a ensuite abandonné sur chute dans l'étape de dimanche.
Plusieurs coureurs, dont Pogacar et Evenepoel, qui n'avait lui pas été réveillé, ont jugé "inhumain" des tests à de tels horaires.
Les contrôles antidopage ont généralement lieu entre 23 heures et 5 heures et l'ITA avait saisi un juge des libertés et de la détention de Paris pour recevoir l'autorisation de réaliser ces contrôles nocturnes, en application de l'article L.232-14-4 du code du sport.
Selon le règlement antidopage de l'UCI, elle "devrait avoir des soupçons graves et spécifiques que le coureur puisse être impliqué dans des activités de dopage" pour réaliser des contrôles entre 23 h et 5 h du matin.
Tout en disant avoir "conscience" que les contrôles nocturnes pouvaient "perturber le repos et la récupération des coureurs", l'ITA a déclaré que "des contrôles efficaces doivent, dans des circonstances limitées et justifiées, pouvoir avoir lieu en dehors des heures diurnes habituelles".
Des horaires de contrôles controversés
Lundi soir, le syndicat des coureurs professionnels (CPA) a dénoncé cette pratique qui "peut entraver la récupération des athlètes lors de la course la plus importante et la plus difficile du calendrier mondial et est en contradiction avec les objectifs recherchés".
Jonathan Vaughters, le patron de l'équipe EF Education, a en revanche applaudi ces tests nocturnes en écrivant sur X : "les contrôles à 2 heures du matin sont l'un des moyens les plus efficaces pour empêcher le microdosage de peptides (EPO, hGH) et de testostérone".
Vaughters est un ancien coureur de l'US Postal de Lance Armstrong et avait avoué en 2012 s'être dopé avant de devenir un chantre de la lutte antidopage.
"Si l'UCI nous avait testés à deux heures du matin en 2001 nous aurions tous été suspendus et cela aurait évité au cyclisme 25 ans de scandales, a-t-il écrit. Il est malheureux que Tadej (Pogacar) et Jonas (Vinegaard) doivent payer pour les conneries qu'on a faites. Je devrais m'excuser auprès d'eux pour être honnête. Mais je préférerais perdre un peu de sommeil si cela permet de gagner en crédibilité.
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