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Quel chantier attend l'idôle Zidane à la tête des Bleus, favori pour succéder à Deschamps ?
Alors que le Mondial 2026 vient de prendre fin et que Didier Deschamps a quitté son poste, le nom de Zinedine Zidane est déjà sur toutes les lèvres. L'ancien numéro 10 s’apprête à endosser le costume de sélectionneur de l’équipe de France, avec une immense attente populaire et un défi à la hauteur de son aura.
La légende du football français et entraîneur Zinédine Zidane assiste à la cérémonie du podium du tournoi féminin Paris Major Premier Padel, après la finale disputée sur le court Philippe-Chatrier au complexe de Roland-Garros, à Paris, le 14 septembre 2025. AFP - THIBAUD MORITZ

Légende vivante du football, Zinedine Zidane était dans les tribunes du MetLife stadium, dimanche 19 juillet, pour assister au triomphe de l'Espagne en finale du Mondial 2026 contre l'Argentine (1-0 a.p.) Si depuis des décennies, les moindres faits et gestes de l'ancien international français sont scrutés, les regards sont encore plus braqués sur lui à quelques jours de l'annonce du nom du prochain sélectionneur des Bleus.

D'après le président de la Fédération française de football, l'identité du nouveau sélectionneur devrait connue rapidement. "J’avais dit que j’attendais la fin de la Coupe du monde pour respecter le travail de Didier et de son équipe", a expliqué Philippe Diallo au micro de beIN Sports avant la petite finale perdue samedi par la France face à l'Angleterre. "D’ici la fin du mois, nous connaîtrons le nom du successeur de Didier Deschamps", a-t-il affirmé.

Un secret de polichinelle. L'icône du sport français est le grand favori pour succéder à son ancien coéquipier Didier Deschamps.  Selon le journal l'Équipe, le contrat de Zinedine Zidane devrait débuter le 1er septembre à la tête de la sélection tricolore. 

Quel chantier attend l'idôle Zidane à la tête des Bleus, favori pour succéder à Deschamps ?
L'ancien footballeur français Zinedine Zidane (au centre) assiste à la finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant l'Espagne à l'Argentine, au stade de New York/New Jersey à East Rutherford, le 19 juillet 2026. AFP - FRANCK FIFE

Remodeler l'équipe de France ?

L'ancien champion du Monde 98 va hériter d'un groupe, qui sous la direction de Deschamps, a remporté la Coupe du monde en 2018, a perdu une finale de Mondial déchirante aux tirs au but en 2022 et s'est incliné en demi-finale du Mondial cette année contre l'Espagne. Au cours de ses 14 années à la tête de l'équipe, Deschamps n'a remporté qu'un seul trophée majeur — bien qu'il s'agisse du plus prestigieux de tous — après avoir perdu la finale du Championnat d'Europe à domicile en 2016.

Certains observateurs estiment que ce bilan est quelque peu insuffisant compte tenu du talent dont disposait la France — avec notamment Kylian Mbappé, Paul Pogba, Antoine Griezmann ainsi que les lauréats du Ballon d'Or Ousmane Dembélé et Karim Benzema — tandis que d'autres soulignent la remarquable régularité de l'équipe sous la direction de Deschamps, aujourd'hui âgé de 57 ans.

Quoi qu'il en soit, le successeur de Deschamps aura une lourde tâche à accomplir, et une forte aura sera un atout précieux. Considéré sans doute comme le plus grand joueur français de l'histoire et fort d'un palmarès d'entraîneur exceptionnel avec le Real Madrid avec qui il a remporté trois Ligues des Champions (2016, 2017 et 2018) et deux Championnats d'Espagne (2017 et 2020), Zidane apparaît comme le candidat idéal.

Opposés par leur style de jeu, Zidane et Deschamps restent à jamais liés par la gloire. Le milieu de terrain travailleur Deschamps était le capitaine infatigable de l'équipe de France lors de ses victoires à la Coupe du monde 1998 et à l'Euro 2000, tandis que Zinedine incarnait la force créatrice irrésistible qui a propulsé cette équipe brillante vers de nouveaux sommets.

Quel chantier attend l'idôle Zidane à la tête des Bleus, favori pour succéder à Deschamps ?
Didier Deschamps (à gauche), milieu de terrain et capitaine de l'équipe de France de football, plaisante avec son coéquipier Zinedine Zidane le 23 mars 1999 au centre national d'entraînement de Clairefontaine, lors du stage des champions du monde en vue du match France-Ukraine, prévu le 27 mars au Stade de France à Saint-Denis dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2000. AFP - PATRICK HERTZOG

Les attentes sont immenses autour de l'ancien meneur de jeu des Bleus, alors que la défaite cuisante de la France face à l'Espagne en demi-finale a laissé des traces. L'équipe française a montré ses limites tactiques lorsqu'elle a été soumise à une pression constante par une équipe espagnole techniquement très au point. Complètement dominée au milieu de terrain, la France a mal géré son pressing. Son attaque s'est révélée inoffensive et Deschamps n'a pas trouvé pas de plan B pour inverser la tendance.

Au fil des ans, Deschamps a eu ses détracteurs — au premier rang desquels Christophe Dugarry, son ancien coéquipier en équipe de France — qui jugeaient son approche trop restrictive et déploraient un manque de créativité au milieu de terrain. Zidane va sans doute privilégier une approche plus portée vers l'avant, à l'image de son époque de meneur de jeu.

Michael Olise ou Rayan Cherki pourraient endosser ce rôle. Tous deux sont techniquement très doués, bien qu'aucun ne soit un meneur de jeu au sens strict du terme, comme l'était Zidane. Une autre option consisterait à voir Dembélé décrocher pour occuper ce poste, un rôle qu'il a déjà bien tenu avec le Paris Saint-Germain.

Comme le souligne, le journal l'Équipe, le socle autour de cadres - Upamecano (27 ans), Koundé (27 ans), Rabiot (31 ans), Tchouaméni (26 ans), Mbappé (27 ans), Olise (24 ans), Dembélé (29 ans) - est en tout cas "solide". Des vétérans comme Lucas Hernandez et Ngolo Kanté qui n'ont pas été utilisés lors du Mondial pourraient en revanche être poussés vers la sortie.

Le journal sportif juge également qu'il y a "des manques criants à certains postes" que Zidane va devoir combler. Tant au niveau du rôle du gardien alors que Mike Maignan n'a pas réalisé une grande prestation dans ce Mondial, qu'au niveau des latéraux où Jules Koundé, Malo Gusto ou encore Lucas Digne ont montré leurs limites.

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165 L'ancien joueur français Zinedine Zidane (à gauche) enlace le Français Kylian Mbappé alors que ce dernier est présenté aux supporters en tant que nouveau joueur du Real Madrid, à Madrid, le 16 juillet 2024. AP Photo/Andrea Comas - Andrea Comas

"Impulser autre chose"

La question se pose de savoir si Zidane est lui même prêt pour ce poste soumis à une telle pression. Il n'a en effet plus entraîné depuis son départ de Madrid à l'issue de son second mandat en 2021. Mais après avoir passé plusieurs années loin de l'exposition médiatique, sa fraîcheur peut être un allié.

Ses admirateurs ont en tout cas hâte de le voir prendre les commandes. Son ancien camarade en équipe de France, Bixente Lizarazu a déclaré sur France Info qu'il avait "vraiment hâte d'être à son premier match" à la tête de l'équipe de France. "J'ai la conviction qu'il saura faire de grandes choses. C'est un entraîneur exceptionnel, qui a remporté trois Ligues des champions avec le Real Madrid, et il a été un joueur fantastique avec l'équipe de France, donc c'est la suite logique de son parcours", a estimé l'ancien champion du monde.

"Il va tenir un discours qui sera totalement différent de celui de Didier Deschamps. Chaque joueur va percevoir le super entraîneur du Real Madrid, le très grand joueur de l'équipe de France. Zinedine Zidane va impulser autre chose qui lui appartient et qui fera que ça va créer une nouvelle dynamique pour cette équipe de France", a aussi loué l'ancien international français Alain Giresse sur Europe 1.

La ministre des Sports Marina Ferrari a aussi affirmé lundi sur RTL que son arrivée est une excellente nouvelle. "Ce n'est pas à moi de vous faire l'annonce du sélectionneur, c'est à la fédération de le faire. Mais quand on a la chance d'avoir quelqu'un avec un talent pareil, je pense qu'il faut saisir cette chance pour l'équipe de France", a-t-elle dit.

Pour le soutenir dans cette aventure, Zinedine Zidane devrait être accompagné d'un staff similaire à celui qu'il avait au Real Madrid. "Avec David Bettoni comme adjoint numéro 1, Hamidou Msaidie comme second, Stéphane Plancque, comme analyste (en charge notamment de superviser les adversaires)", précise le journal l'Équipe, tout en ajoutant que l'ancien champion du monde Fabien Barthez pourrait s'occuper des gardiens. 

Un premier match contre la Turquie

Si sans surprise, Zidane, prend bien les rênes de l'équipe, son premier match aura lieu à l'extérieur contre la Turquie en Ligue des nations, le 25 septembre, suivi d'une rencontre en Belgique trois jours plus tard.

Les supporters français devront attendre le 2 octobre pour voir la légende tricolore au Stade de France, théâtre de son doublé en finale du Mondial en 1998, à l'occasion de la rencontre contre l'Italie. Ironie du sort, son dernier match en tant que joueur des Bleus remonte à la finale la Coupe du monde 2006 perdue contre la Squadra Azzura.

Zizou avait ouvert le score en début de rencontre sur un penalty, avant de quitter la pelouse après avoir reçu un carton de rouge pour un coup de tête sur le défenseur italien Marco Materazzi pendant la prolongation. La France s'était ensuite inclinée au aux tirs au but, mais les supporters avaient rapidement pardonné à leur héros national. 

Avec AFP  et Associated Press