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Un final sans éclat pour le Mondial 2026
La Roja est venue à bout des Argentins de Lionel Messi au terme d'une finale qui ne restera dans les mémoires ni dans le jeu ni dans le spectacle. Au terme de prolongations jouées à 10 par l'Albiceleste, les Espagnols se sont imposés, remportant leur deuxième Coupe du monde.
Lionel Messi en larmes après avoir vu s'envoler son rêve de remporter deux Coupes du monde d'affilée. © Paul Ellis, AFP

Les Argentins ne sont pas parvenus, dimanche 19 juillet, à s'en sortir in extremis, comme à leur habitude. Il fallait plus que Messi pour arriver à bout des Espagnols au terme d'un match riche en défense mais assez terne offensivement.

La Coupe du monde de la démesure a accouché d'une finale qui ne restera pas dans les annales sinon pour l'Espagne triomphante (1-0 a.p.) qui a conquis sa deuxième étoile grâce à un but de Ferran Torres dans la prolongation.

"L'Espagne au sommet"

Environ un million de personnes sont attendues dans l'après-midi du lundi 20 juillet pour célébrer les champions du monde espagnols. Ils défileront dans un bus à impériale dans le centre-ville, après leur arrivée à l'aéroport Madrid-Barajas à 12 h 50 locales (10 h 50 GMT).

En attendant, dans tout le pays a retenti un concert de klaxons, de cris de joie, de chants à la gloire de la Roja dès la fin du match et une vague rouge a envahi les rues des villes et villages d'Espagne pour fêter l'instant.

"Vous avez porté le nom de l'Espagne au sommet", a salué la Maison royale espagnole sur le réseau social X.

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À Buenos Aires, il y a d'abord eu le silence assourdissant, et puis les larmes quand l'espoir d'un quatrième titre s'est envolé. Mais parce que les supporteurs argentins sont les champions du monde de la ferveur, ils ont vite repris leurs chants de fierté et de gratitude pour ce qu'ont offert Lionel Messi et les siens durant ce Mondial.

Après une nuit qui promettait d'être longue et bruyante, ils seront des centaines de milliers lundi 20 juillet, peut-être plus, pour réserver un accueil digne de ce nom à la sélection attendue à l'aéroport de la capitale à 17 h locales (20 h GMT).

Une Roja en or

On attendait du beau jeu, des buts, des rebondissements, de l'émotion... en un mot, un condensé de ce qu'a offert durant plus de cinq semaines ce Mondial 2026, au format inédit avec 48 équipes en lice. Finalement, c'est un 104e et dernier match longtemps cadenassé par des Argentins qui a souri à la Roja bien plus méritante.

Comme Andres Iniesta en 2010, qui avait libéré l'Espagne lors de la prolongation d'une finale très heurtée face aux Pays-Bas, un autre enfant du Barça, Ferran Torres, a délivré la génération Rodri, désigné meilleur joueur du tournoi, en reprenant sous la transversale une remise de la tête de Nico Williams (106e), comme lui entré en jeu peu de temps avant.

"Ce n'est pas mon but, c'est celui de 47 millions de personnes", a assuré le héros du jour.

Un final sans éclat pour le Mondial 2026
L'Espagnol Ferran Torres célèbre son but lors de la finale de la Coupe du monde de football opposant l'Espagne à l'Argentine à East Rutherford, dans le New Jersey, près de New York, le 19 juillet 2026. © Julio Cortez, AP

Cette action aura été une énième démonstration de la valeur du banc espagnol, donnant raison au sélectionneur Luis de la Fuentes, dans sa propension à répéter que "l'Espagne gagne à 26". Elle était plus en nombre sur l'estrade pour célébrer son sacre, avec le roi Felipe VI, après que Donald Trump et Gianni Infantino, sifflés par le public, ont remis le trophée au capitaine Rodri.

Comme prévu, les Espagnols ont contrôlé le match, s'évertuant autant à trouver la faille dans la défense de l'Albiceleste (20 tirs contre 2 seulement côté argentin, et encore en toute fin de match) qu'à ne pas céder aux nombreux coups en douce et aux provocations incessantes d'Argentins, longtemps heureux de bénéficier de la clémence de l'arbitre... jusqu'à l'exclusion d'Enzo Fernandez dans le temps additionnel (90e+4).

Messi ne surpassera pas Pelé

En infériorité numérique pendant toute la prolongation, la mission devenait alors impossible pour Lionel Messi de réussir l'impensable, comme il l'avait fait plusieurs fois dans la compétition face au Cap-Vert, à l'Égypte, à la Suisse - aucun n'étant de la trempe espagnole.

À 39 ans, "la pulga" a été magnifique au-delà de toute espérance pour son sixième Mondial, ses 8 buts et 4 passes décisives l'ont hissé un peu plus haut dans le Panthéon du foot, quoique derrière Kylian Mbappé au sommet du classement des buteurs de la Coupe du monde (22 contre 21).

Mais il a traversé cette troisième finale en quatre éditions comme un fantôme, échouant à ajouter une deuxième étoile à son palmarès et une quatrième à l'Argentine. Le public argentin lui a quand même crié son amour et Leo de verser quelques larmes... d'adieu à l'Albiceleste ?

Un final sans éclat pour le Mondial 2026
L'Argentin Lionel Messi en larmes à l'issue de la finale de la Coupe du monde opposant l'Espagne à l'Argentine, le 19 juillet 2026, à East Rutherford, dans le New Jersey, près de New York. © Matt Rourke, AP

Les débats comparatifs entre Messi et Pelé entendus pendant le Mondial semblent à présent clos. Avec cette défaite, l'Argentin échoue à surpasser le Brésilien. Il reste le seul joueur à avoir été champion du monde trois fois en trois finales pendant que "la pulga" en perd deux (en 2014 et en 2026). Malgré cela, l'importance en finale de Messi sur le terrain n'a pas d'égal.

Le Brésil aurait-il gagné sans Pelé en 1958 et en 1970 ? Peut-être. Après tout, il a été titré en 1962 sans lui ou presque. Et si le génie brésilien a été crucial dans les deux autres campagnes victorieuses, il était entouré d'artistes comme Garrincha, Vava, Rivelino, Tostao, indissociables des succès de la Seleçao.

L'Argentine aurait-elle gagné sans Messi en 2022 et atteint la finale en 2026 ? Sûrement pas. Son apport comptable et surtout son rôle de guide, presque gourou d'un effectif lui étant entièrement dévoué, illustrent à quel point tout ou presque a reposé sur lui.

Ce que la longévité de Messi raconte c'est qu'elle ne rime absolument pas avec déclin, puisque c'est au moment où on ne l'imaginait plus vraiment capable de forcer son destin dans une compétition longtemps maudite pour lui, qu'il y est parvenu.

Un show plutôt "Super Bof"

"La plus grande scène du monde" promise par la Fifa, en guise de show de la mi-temps a duré comme prévu 11 minutes, mais la pause entre les deux périodes a au total duré 27 min 24 secondes, bien plus que le quart d'heure réglementaire.

Après le déploiement d'une bâche multicolore, nécessitant un temps d'adaptation pour les pupilles, truffée de message de paix en toutes les langues, avec en son centre un ballon orange et les continents esquissés, Madonna a lancé les hostilités au son de "Music", son tube datant de 2000.

Se sont succédé le groupe de K-pop sud-coréen BTS, le Canadien Justin Bieber, puis la star latina Shakira et le roi nigérian de l'Afrobeat Burna Boy, avec pour finir une chorale d'enfants new-yorkais accompagnée de Coldplay dont le leader Chris Martin a conçu le spectacle. On était bien loin des grands "halftime shows" du Super Bowl...

Avec AFP