Près de 300 000 personnes étaient rassemblées, vendredi à Paris, pour accueillir le Pape Léon XIV au premier jour de sa visite de quatre jours en France. Après un passage à l'Élysée où ce dernier a prononcé un discours critique sur certains sujets politiques comme la fin de vie, le souverain pontife s'est rendu au siège de l'Unesco où il a mis en garde contre l'avènement de l'intelligence artificielle, il a dénoncé des dirigeants "bafouant l'État de droit".
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RéessayerLe pape Léon XIV a délivré, vendredi 25 septembre, des messages de paix et de dignité humaine, s'inquiétant de "perdre notre humanité au milieu du paradis des machines" au premier jour de sa visite de quatre jours en France, "terre de riches racines chrétiennes".
Lors d'un discours en français dans la salle des fêtes de l'Élysée, le pape américain a exhorté le monde à être "sensible aux souffrances causées par le fléau de la guerre", mettant en garde contre la prolifération des armes nucléaires et appelant la France à "demeurer un infatigable défenseur de la paix et du multilatéralisme, en particulier au sein de notre chère Europe".
"Beaucoup de nos compatriotes ressentent avec votre visite en France une espérance", lui a dit Emmanuel Macron devant un parterre d'invités où figuraient notamment de nombreux cardinaux, l'ancien président Nicolas Sarkozy et les ex-Premiers ministres Gabriel Attal, Jean-Pierre Raffarin et Michel Barnier.
À son arrivée en France, le souverain pontife a été accueilli à sa descente d'avion à l'aéroport d'Orly par le président français et son épouse, tandis que sonnaient à 10 h les cloches de toutes les églises du pays.
Une foule nombreuse est attendue à toutes les étapes du déplacement du pape : à Paris, mais aussi Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées et à Metz.
Quelque 600 000 personnes se sont inscrites pour assister à la messe en plein air célébrée samedi après-midi place de la Concorde, face à l'avenue des Champs-Élysées.
"Ce pape dégage une paix, la paix du Christ. Pouvoir vivre ce week-end comme une oasis de sérénité, tout le monde y aspire", a dit à Reuters, à propos de cet engouement, le cardinal Matthieu Rougé.
Soutien à l'Unesco
À l'Élysée comme à l'Unesco, où il s'est rendu dans l'après-midi, le pape a mis en garde contre l'invasion des réseaux sociaux et l'avènement de l'intelligence artificielle.
"Pour ne pas perdre notre humanité au milieu du 'paradis des machines' qui envahissent et conditionnent notre quotidien, il est urgent de former les esprits à un discernement éthique", a-t-il dit à la présidence française, s'inspirant d'une citation de l'écrivain français Georges Bernanos, auteur en 1947 de "La France contre les robots".
"Une société authentiquement libre n'impose pas l'uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique", a souligné le saint-père.
Deux mois après l'adoption d'une loi sur la fin de vie en France, le souverain pontife s'est dit "préoccupé par ces tendances de la société qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives, promouvant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes ou l'offre de mort programmée".
Au siège de l'Unesco, il a fait l'éloge de l'éducation, de la diversité et dénoncé les dirigeants bafouant l'État de droit.
"Au lieu de respecter la loi, ceux qui sont au pouvoir l'invoquent lorsqu'elle sert leurs intérêts et la méconnaissent lorsqu'elle les entrave, traitant même la justice comme une marchandise", a-t-il dit, sans nommer quiconque.
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RéessayerLe pape a dit sa "confiance" en l'Unesco, agence des Nations Unies pour la culture et l'éducation confrontée à des problèmes budgétaires depuis le retrait des États-Unis sur décision du président américain Donald Trump en 2025.
Le premier pape américain s'est attiré les foudres du locataire de la Maison blanche en début d'année en critiquant la guerre contre l'Iran.
Accueilli par 300 000 personnes
Après un bain de foule dans les rues de Paris où s'étaient massées quelque 300 000 personnes selon le Vatican, Léon XIV a présidé devant 8 000 fidèles la cérémonie des vêpres en la cathédrale Notre-Dame restaurée.
Il s'agit de la première visite papale depuis l'incendie ayant endommagé en 2019 ce chef d'œuvre gothique.
Notre-Dame, "une beauté qui parle à notre cœur inquiet", a dit le pape, avant de présider une veillée au stade de France devant 80 000 jeunes catholiques.
Léon XIV est le premier pape à effectuer une visite officielle en France depuis près de 20 ans.
Ce voyage est l'occasion de redorer l'image de l'Église après la publication en 2021 du rapport supervisé par Jean-Marc Sauvé révélant que quelque 330 000 enfants ont été victimes d'abus sexuels commis par des membres du clergé et des laïcs catholiques en France depuis 1950.
Les autorités catholiques ont mis en place des mesures de protection et des réparations financières, mais les victimes continuent de faire pression pour que les responsables de l'Église rendent des comptes et fassent davantage de prévention.
Léon XIV s'entretiendra dimanche à Lourdes avec sept victimes françaises d'abus sexuels dans l'Église. Le Vatican, qui ne communique généralement qu'après-coup sur les rencontres avec les victimes, n'a pas fourni de précisions sur ce rendez-vous.
La tournée s'achèvera lundi à Metz, ville où officia Robert Schuman, une figure majeure de la construction européenne en cours de béatification, par un discours sur "les racines de l'Europe pour la paix et l'unité".
Emmanuel Macron a invité les dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne à venir à la rencontre du pape en Moselle, sans préciser pour l'instant qui serait effectivement présent.
Avec Reuters
