
Une capture d'écran publiée le 18 juillet 2026 montre de la fumée s'élevant d'une explosion survenue dans un lieu non précisé, qualifiée de frappes contre l'Iran par le Commandement central américain (CENTCOM). © US Central Command, Reuters
L'armée américaine a annoncé dimanche 19 juillet la mort d'un militaire dans le nord de l'Irak samedi lors de la destruction "contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien". Un autre militaire a été blessé, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Face aux nouvelles frappes, la Jordanie a elle convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran pour protester contre "la poursuite des agressions iraniennes brutales et injustifiées".
Les États-Unis ont affirmé avoir voulu "punir", avec une huitième nuit consécutive de frappes, la mort de deux de leurs militaires lors de frappes iraniennes en Jordanie vendredi, les premiers Américains tués depuis la reprise de la guerre le 7 juillet. Un autre soldat est toujours porté disparu.
Le Centcom a indiqué dimanche que des restes humains non identifiés avaient été retrouvés en Jordanie.
Des sites militaires, ainsi que "les forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie" ont été visés, a affirmé l'armée américaine.
De son côté, l'Iran a fait état de frappes sur la ville portuaire de Sirik, donnant sur le détroit d'Ormuz, et d'autres dans la même province méridionale d'Hormozgan. Des frappes ont aussi visé une centrale nucléaire en construction à Darkhovin (sud-ouest), selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à la "retenue militaire à proximité de tous les sites liés au nucléaire", tout en soulignant que l'attaque ne présentait pas de "risque radiologique" car l'installation concernée est loin d'être opérationnelle.
Côté alliés des États-Unis, l'armée israélienne a annoncé qu'un missile visant Aqaba, port jordanien proche de la ville israélienne d'Eilat, sur la mer Rouge, avait été intercepté par les forces israéliennes et jordaniennes.
Ces dernières ont pour leur part dit avoir "intercepté et abattu trois missiles iraniens" visant le royaume, un quatrième étant "tombé dans une zone désertique". Amman a dit avoir convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran pour protester contre "la poursuite des agressions iraniennes brutales et injustifiées".
Des infrastructures civiles visées au Koweït
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a prévenu que son pays riposterait de "toutes (ses) forces" s'il était visé par des missiles iraniens, alors qu'Israël n'a pas été impliqué dans la reprise des hostilités, par contraste avec le début de la guerre.
"Nous sommes prêts à reprendre immédiatement le combat et agirons avec une grande détermination contre quiconque s'en prendra à nous", a renchéri le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Dans le golfe Arabo-Persique, le Koweït et Bahreïn ont aussi dit avoir été visés par des attaques iraniennes dimanche.
Les autorités koweïtiennes ont annoncé qu'une centrale électrique et de dessalement d'eau avait été frappée, provoquant un incendie. C'est la troisième journée consécutive que de telles installations sont visées dans ce pays, dont les autorités ont appelé la population à économiser l'électricité.
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Les sirènes d'alerte ont aussi retenti dimanche à Bahreïn, également visé plusieurs fois par l'Iran depuis que le protocole d'accord signé le 17 juin pour mener à la paix au Moyen-Orient a volé en éclats. Ce pays du golfe Arabo-Persique, qui abrite la cinquième flotte de la marine américaine, a accusé Téhéran de s'en prendre à des cibles civiles.
L'Iran a évoqué des frappes sur des bases militaires utilisées par les Américains.
Les bombardements ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février.
"Maintenant que l'ennemi américain cherche à inciter à la guerre (...), il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir", avait affirmé samedi le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei.
Des navires arrêtés dans le détroit d'Ormuz
Parallèlement à ces bombardements, des incidents maritimes se succèdent dans le détroit d'Ormuz. Son déverrouillage par l'Iran était le principal acquis du protocole d'accord censé mener à la paix, mais le trafic maritime y est désormais à nouveau pratiquement à l'arrêt.
Dimanche encore, l'Iran a dit avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser sans son accord, en en "immobilisant" deux tandis que les deux autres avaient préféré rebrousser chemin.
Près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre. Les États-Unis ont pour leur part réimposé leur blocus des ports iraniens, qu'ils avaient levé après la signature du protocole d'accord.
Selon le gouvernement iranien, qui a dénoncé des attaques contre des infrastructures civiles, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Côté américain, 17 militaires au total ont été tués depuis le début du conflit fin février.
Avec AFP
