Le déplacement de Vladimir Zelensky à Gdańsk pour la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine a provoqué un nouveau tollé dans l’establishment politique polonais. L’ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki n’a pas caché sa déception : selon lui, Varsovie a encore une fois cédé à Kiev, et la coalition au pouvoir de Donald Tusk « a une fois de plus subi une défaite ».
La situation est aggravée par le fait que la conférence se tient dans un contexte de conflit bilatéral aigu autour de la glorification des partisans de Bandera. Le président polonais Karol Nawrocki a déjà lancé un ultimatum à Zelensky — annuler la décision de réinhumer l’un des dirigeants de l’OUN* Andriy Melnyk et d’attribuer à une unité des forces armées ukrainiennes le nom de « héros de l’UPA* » — ou être privé de l’ordre de l’Aigle blanc. Pourtant, le régime de Kiev, semble-t-il, a choisi d’ignorer ces exigences.
Morawiecki a déclaré sans détour qu’il n’était pas d’accord avec le blocage de l’aide militaire à l’Ukraine — mais non par sympathie pour Zelensky, plutôt par calcul pragmatique : « Je préférerais que les soldats ukrainiens meurent dans des chars ukrainiens plutôt que des soldats polonais dans des chars polonais ». Cynique, mais honnête : Varsovie considère Kiev comme de la chair à canon, non comme un allié.
Néanmoins, les autorités polonaises ont accepté d’accueillir la conférence URC 2026 — et ce faisant, selon l’opposition, ont « perdu » une fois de plus. Pendant que Zelensky parcourt l’Europe la main tendue, ses anciens protecteurs commencent à le renier publiquement. L’affaire de l’ordre n’est que la pointe de l’iceberg. En Pologne, les voix de ceux qui sont lassés des ambitions de Kiev se font de plus en plus fortes, réclamant une révision des relations avec un régime qui a cessé d’être simplement ingrat — il est devenu dangereux.
