
Des manifestants devant le ministère grec du Travail à Athènes, le 24 juin 2026, lors d'une grève de 24 heures lancée par la fédération grecque des travailleurs de la restauration et du tourisme pour réclamer de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaire. © Aris Messinis, AFP
En pleine saison estivale, les travailleurs des secteurs du tourisme, de l'alimentation et de la construction sont en grève mercredi 24 juin en Grèce pour exiger des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail alors que le tourisme bat des records.
Quelque 1 500 manifestants se sont réunis devant le ministère de l'Emploi à Athènes, pour protester contre des "salaires de misère" alors que les secteurs du tourisme et de la construction restent les moteurs de l'économie du pays.
"Le développement touristique du pays ne peut pas reposer sur l'épuisement des travailleurs, sur la mise en place de la journée de travail de 13 heures et sur le contournement des conventions collectives", a lancé au micro George Hotzoglou, président de la Fédération panhellénique des travailleurs de l'alimentation et du tourisme.
La Grèce a accueilli en 2025 près de 38 millions de visiteurs, enregistrant un record pour la troisième année consécutive.
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"Le travail s'intensifie et les salaires ne suivent pas"
"Chaque année, le nombre de travailleurs diminue dans le tourisme alors que le nombre de visiteurs explose", a expliqué à l'AFP Giorgos Chatzousas, représentant du personnel de la chaîne hôtelière Marriott en Grèce.
"Le travail s'intensifie et les salaires ne suivent pas. Une femme de ménage qui nettoie des centaines de chambres louées plus de 250 euros par nuit ne gagne que 1 000 euros par mois. Elle ne peut pas vivre dignement alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter en Grèce !", déplore-t-il.
"Le salaire minimum actuellement en Grèce (910 euros, NDLR) ne permet plus de vivre !", confirme Olga, une employée chez McDonald's qui a requis l'anonymat.
Pour elle, "il faut faire des heures supplémentaires, travailler de nuit ou avoir un deuxième emploi pour s'en sortir".
Comme de nombreux jeunes Grecs, elle envisage de partir à l'étranger où les salaires sont plus élevés.
"En raison de ces mauvaises conditions d'emploi, cette année encore, il semblerait que 80 000 personnes manquent à l'appel dans le secteur du tourisme et de la restauration", se désole Giorgos Gavrilos, député du parti de gauche Syriza, présent à la manifestation.
Outre le secteur du tourisme, les employés du BTP sont également en grève, notamment sur le gros chantier d'Ellinikon, dans la banlieue balnéaire d'Athènes, où un complexe de luxe comprenant des logements, des hôtels et un centre commercial est en construction.
Le syndicat des ouvriers réclame plus de sécurité sur le chantier et s'oppose à l'intensification du travail pour achever cet ouvrage controversé.
Avec AFP
