
À Villy, dans le nord-est de la France, les habitants ne boivent plus l'eau du robinet, polluée aux PFAS suite à l'épandage de boues industrielles. Photo prise le 26 novembre 2025, © Jean-Christophe Verhagen, AFP
Un groupe de médecins libéraux en France lance l'alerte sur la pollution chimique de l'eau potable, notamment aux pesticides et aux PFAS. L'organisation, qui avait déjà alerté sur les risques autour du cadmium, parle d'une "menace systémique" et demande au gouvernement la mise en place de plusieurs mesures.
"La pollution de l'eau potable constitue une menace systémique, insuffisamment encadrée, aux conséquences sanitaires potentiellement considérables", juge, dans un communiqué, la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé médecins libéraux (URPS-ML).
Cette organisation avait déjà publié en 2025 une alerte sur les risques associés à la pollution au cadmium, un sujet qui a depuis pris une place importante dans le débat public.
Les URPS-ML axent désormais le message sur la pollution de l'eau potable, un sujet sur lequel les pouvoirs publics ont déjà été mis en cause par d'autres organisations : deux ONG environnementales ont porté plainte contre l'État français en avril, estimant insuffisantes les mesures prises pour protéger l'eau des pollutions agricoles.
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L'organisation de médecins libéraux rappelle que la pollution de l'eau potable est de trois ordres : principalement aux pesticides, mais aussi aux PFAS – dits polluants éternels – et aux microplastiques.
Environ 19 millions de Français ont consommé au moins une fois en 2024 une eau non conforme, selon des chiffres du ministère de la Santé, repris par les URPS-ML.
Des mesures à prendre
Si leur publication ne comprend pas de donnée nouvelle, les médecins rappellent les "nombreux risques associés" aux substances impliquées : "impact sur le système hormonal, nerveux et immunitaire avec développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs ainsi que de l'hypofécondité".
L'organisation dit avoir adressé une lettre au gouvernement pour lui demander une "évolution de la réglementation – élargissement des substances surveillées, amélioration des systèmes de filtration, réduction des PFAS et des plastiques", ainsi que de "favoriser le développement de l'agriculture biologique sur celui de l’agriculture intensive".
L'évaluation du risque sanitaire reste toutefois complexe. La présence d'un contaminant dans l'eau ne représente pas forcément un danger immédiat, des débats perdurant sur le seuil à ne pas dépasser, en concentration et en durée d'exposition.
Les députés ont voté fin mai un article obligeant les préfets à encadrer les pratiques agricoles près des eaux potables les plus polluées, mais l'opposition de gauche juge la mesure insuffisante car excluant, selon elle, trop de captages potentiellement concernés.
Avec AFP
