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Placé sur la "liste noire" des violences sexuelles, Israël met scène sa rupture avec l'ONU
Alors qu'Israël devrait être ajouté à la "liste noire" de l'ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits, l'État hébreu a annoncé, jeudi, suspendre ses relations avec le secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la situation au Moyen-Orient et au conflit entre Israël et le Hamas, au siège des Nations unies, le 29 novembre 2023 à New York. © Andrea Renault, AFP

Les tensions entre Israël et l'ONU viennent de franchir un nouveau cap. L'État hébreu a annoncé, jeudi 28 mai, la suspension de ses relations avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, fustigeant ainsi sa décision "honteuse et absurde" d'inscrire le pays sur la "liste noire" liée aux violences sexuelles lors des conflits.

"Nous en avons fini avec ce secrétaire général", a déclaré l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, dans un message vidéo posté sur X. La mission israélienne a précisé que cela signifiait le "gel" de ses relations avec le bureau du secrétaire général jusqu'à la fin du mandat d'Antonio Guterres le 31 décembre 2026.

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"Nous avons vu les commentaires. De notre côté, la porte du secrétaire général reste ouverte", a réagi auprès de l'AFP son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"La décision honteuse et absurde de l'ONU d'inclure des entités israéliennes dans l'annexe du rapport (sur les violences sexuelles liées aux conflits) est une preuve supplémentaire de la véritable nature de l'Organisation : une institution politisée et corrompue, qui a renoncé à ses principes fondateurs et qui fait du ciblage systématique d'Israël sa mission première", a dénoncé de son côté, dans un communiqué, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein.

Ces déclarations israéliennes font référence à un rapport du secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits, qui n'a pas encore été rendu public mais qui est toujours présenté avant publication aux États concernés.

"Campagne contre Israël"

En août dernier, le rapport annuel avait prévenu qu'Israël pourrait être ajouté à la liste des parties suspectées ou responsables de violences sexuelles en situation de conflits armés, liste où se trouve déjà le Hamas en raison des accusations de violences sexuelles lors de l'attaque du 7-Octobre et sur des otages.

L'ONU avait alors évoqué des "informations crédibles" de violences sexuelles commises par les forces de sécurité israéliennes contre des détenus palestiniens dans des prisons et autres centres de détention, mettant en avant un refus d'accès des inspecteurs de l'ONU.

"Nous avons invité les représentants de l'ONU à venir en Israël inspecter ces accusations ridicules, ils ont choisi de ne pas venir, ils ont choisi de continuer avec la campagne contre Israël", a déclaré Danny Danon.

Les relations entre l'ONU et Israël - État créé par une résolution des Nations unies votée en 1947 - sont notoirement difficiles et au plus bas depuis le 7 octobre 2023, date de l'attaque sans précédent du Hamas palestinien qui a déclenché la guerre à Gaza.

Les autorités israéliennes reprochent en particulier au secrétaire général et à d'autres responsables onusiens d'avoir sévèrement critiqué les représailles israéliennes à Gaza et Antonio Guterres avait été déclaré "persona non grata" en Israël en 2024. Israël accuse de son côté des employés de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

Avec AFP