
L'entrée du bâtiment de la Banque de France à Paris, en France, le 18 décembre 2024. © Sarah Meyssonnier, Reuters
Le taux de chômage a augmenté au premier trimestre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis le premier trimestre de 2021, selon les données publiées mercredi 13 mai par l'Insee. S'ajoute à cela une augmentation des prix à la consommation de 2,2 % sur un an au mois d'avril, tirés par une forte accélération des prix de l'énergie et en particulier du pétrole dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, selon une estimation définitive de l'Insee publiée mercredi.
Le taux de chômage calculé selon les normes du Bureau international du travail (BIT) s'est établi à 8,1 % de la population active (hors Mayotte) au premier trimestre après 7,9 % au trimestre précédent, précise l'Insee dans un communiqué.
Une hausse généralisée
Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une baisse du taux de chômage d'un trimestre sur l'autre, à 7,8 %. Sur les trois premiers mois de l'année, le taux de chômage des 15-24 ans se replie de 0,4 point, à 21,1 % mais il augmente de 0,4 point parmi les 25-49 ans, à 7,3 % et est quasi stable pour les 50 ans et plus (+ 0,1 point, à 5,2 %), détaille l'Insee.
Sur un an, le taux de chômage augmente pour toutes les tranches d'âge.
Fin mars, l'Insee avait abaissé sa prévision de croissance de l'économie française pour les premier et deuxième trimestres, à + 0,2 % contre + 0,3 % attendu précédemment.
Un "ralentissement" de la croissance reflété sur l'emploi
Le produit intérieur brut (PIB) est finalement ressorti stable au premier trimestre, selon des données préliminaires publiées fin avril.
La hausse du taux de chômage en France "reflète ce ralentissement", a déclaré mercredi sur franceinfo le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau, qui quittera prochainement ses fonctions.
Dans sa dernière note de conjoncture mensuelle, publiée mardi, la BdF a renoncé à établir une prévision de croissance pour le deuxième trimestre, citant l'incertitude élevée entourant les effets de la guerre au Moyen-Orient sur l'activité économique.
"Dans le précédent ralentissement de l'économie française, après 2012, le taux de chômage était supérieur à 10 %. Il ne faut pas oublier, là on est autour de 8", a toutefois rappelé François Villeroy de Galhau.
Le taux de chômage en France avait atteint à la mi-2015 un pic de 10,5 %.
L'inflation franchit le seuil de 2 %
Pour l'inflation, le taux de 2,2 % confirment l'estimation provisoire publiée fin avril par l'Institut national de la statistique qui traduisaient un retour de l'inflation au-delà du seuil de 2 %, après 1,7 % en mars.
Dans la foulée de la publication de ces chiffres, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé sur franceinfo que le Smic augmenterait mécaniquement de 2,4 % le 1er juin.
Si l'Insee s'attendait à ce que la flambée des cours des hydrocarbures se traduise par un "net regain d'inflation" qui "franchirait les 2 % au cours du printemps", elle tablait plutôt sur 1,8 % en avril dans sa note de conjoncture de mars, soit 0,4 point de moins que le chiffre confirmé mercredi.
L'inflation en avril est même supérieure à la prévision de l'Insee pour mai (2,1 %).
La guerre, première responsable
Elle s'explique principalement par la forte hausse des prix de l'énergie qui ont augmenté de 14,3 % en avril sur un an, après une hausse de 7,4 % en mars, et en particulier ceux des produits pétroliers dans un contexte guerre au Moyen-Orient.
Les prix du pétrole ont bondi de 31,4 % en avril, après 18,1 % en mars. Dans le détail, les prix du gazole augmentent (+ 42,1 % après + 23,5 %), ainsi que ceux de l'essence (+ 17,8 % après + 9,9 %) et des combustibles liquides (+ 58,9 % après + 40,9 %).
Les prix des services accélèrent également sur un an en avril, mais plus modérément (+ 1,8 % après + 1,7 %).
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Ils sont notamment tirés à la hausse par l'augmentation des prix des services d'hébergements (+ 5,6 % après + 0,3 %) ainsi que des assurances (+ 4,8 % après + 3,4 %).
A l'inverse, les prix de l'alimentation décélèrent (+ 1,2 % en avril sur un an après + 1,8 % en mars).
L'inflation reste concentrée sur les prix de l'énergie et "nous ne voyons pas de diffusion de cette hausse des prix de l'énergie vers les autres biens et services", a observé, François Villeroy de Galhau, interrogé sur franceinfo. Fin avril, la BCE avait décidé de maintenir ses taux inchangés.
Pour le moment, "nous n'avons pas encore suffisamment d'informations sur cette fameuse diffusion aux autres prix, les prix des services et des biens industriels qu'on achète", a détaillé François Villeroy de Galhau. Il a néanmoins souligné que la Banque de France surveille de près les "effets de second tour", c'est-à-dire les conséquences sur les autres prix de la hausse de ceux de l'énergie, en vue d'une éventuelle adaptation de la politique monétaire.
Avec AFP et Reuters
