
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), et le chef de l'armée, Syed Asim Munir (à gauche), accompagnent le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (au centre), à son arrivée à la base aérienne de Nur Khan à Rawalpindi, près d'Islamabad, au Pakistan, le 24 avril 2026. © Handout, Pakistan's Press Information Department (PID), AFP
Le ballet diplomatique du chef de la diplomatie iranienne continue entre le Pakistan, Oman, et la Russie. Leministre iranien des Affaires étrangères a quitté Islamabad pour Moscou, dimanche 26 février, tandis que les médiateurs du conflit au Moyen-Orient s'efforcent de conserver l'élan des tractations de paix malgré l'annulation par Donald Trump du déplacement d'une délégation américaine.
Selon l'agence iranienne Isna, Abbas Araghchi devait transmettre à ses interlocuteurs pakistanais - dont le pays est le principal médiateur entre Téhéran et Washington - les "positions et points de vue de l'Iran sur le cadre de tout accord visant à mettre fin complètement à la guerre".
L'Iran a envoyé des "messages écrits" à Washington via le Pakistan sur les "lignes rouges de la République islamique", concernant son programme nucléaire et le stratégique détroit d'Ormuz - qui fait l'objet d'un double blocus iranien et américain - a pour sa part indiqué l'agence Fars.
La diplomatie russe, alliée de Téhéran, a confirmé la venue de M. Araghchi, mais sans préciser de date ni s'il rencontrerait Vladimir Poutine.
Citant l'ambassadeur iranien à Moscou, l'agence iranienne Isna avait plus tôt annoncé un tel rendez-vous lundi, ajoutant que M. Araghchi doit présenter aux responsables russes "un rapport sur (les) négociations" de paix.
Arrivé initialement vendredi soir à Islamabad, M. Araghchi a discuté samedi avec le puissant chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, et le Premier ministre, Shehbaz Sharif, avant de rallier Oman, où il s'est entretenu dans la matinée avec le sultan Haitham ben Tariq.
Il a aussi échangé par téléphone avec son homologue turc Hakan Fidan, selon une source au ministère turc.
Le président américain avait annulé samedi le déplacement prévu au Pakistan de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff.
"J'ai dit que nous n'allions plus faire cela", des négociations directes. "Nous avons toutes les cartes en main. S'ils veulent parler, ils peuvent venir vers nous, ou ils peuvent nous appeler, nous avons de très bonnes lignes téléphoniques sécurisées", a-t-il affirmé dimanche sur Fox News.
"Nous avons fait du très bon boulot, cela va se terminer bientôt, et nous serons très victorieux", a-t-il ajouté.
Des premières discussions irano-américaines s'étaient tenues il y a deux semaines à Islamabad, après un accord de cessez-le-feu dans le conflit qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Trêve émaillée de violences au Liban
Sur le front libanais, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le Hezbollah pro-iranien se sont réciproquement accusés dimanche de violer la trêve, émaillée de violences, en vigueur depuis le 17 avril et dont Donald Trump a annoncé la prolongation pour trois semaines jeudi.
L'armée israélienne, qui a poursuivi dimanche ses frappes sur le sud du Liban après avoir lancé un ordre d'évacuation aux habitants de sept villages, a indiqué qu'un de ses soldats avait été tué et que six autres blessés dans des "combats" cette région.
Elle avait auparavant dit avoir intercepté trois drones peu avant qu'ils ne franchissent la frontière israélienne.
Des correspondants de l'AFP ont vu de nombreux habitants du sud du Liban prendre à nouveau la fuite, coincés dans de gros embouteillages en direction du nord.
Selon les termes de ce cessez-le-feu, Israël se réserve le droit de continuer à cibler le groupe pro-iranien pour empêcher des attaques "planifiées, imminentes ou en cours".
"Les violations du Hezbollah démantèlent de fait le cessez-le-feu", a accusé M. Netanyahu. Rejetant ces accusations, le Hezbollah a affirmé qu'il continuerait à riposter aux "violations continues" du cessez-le-feu par Israël.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de sept personnes tuées samedi par des frappes israéliennes dans le sud du Liban.
Dans un nouveau bilan, il a recensé plus de 2.500 personnes tuées par les opérations israéliennes depuis que le mouvement chiite a rouvert les hostilités avec Israël le 2 mars.
Avec AFP
