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G7 sur l'environnement : la question climatique omit des discussions pour ne pas froisser Washington
Au premier jour du G7 consacré à l'environnement et organisé à Paris, la France estime jeudi avoir réalisé des progrès importants. Toutefois, ni la question climatique ni les énergies fossiles ne seront abordées durant les deux jours de sommet afin de ne pas braquer les États-Unis.
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, le 27 février 2026 dans l'ouest de la France © Loic VENANCE / AFP/Archives

Un non-sens ? Le G7 consacré à l'environnement a ouvert jeudi 23 avril à Paris sans aborder la question climatique, trop épineuse pour les États-Unis. "On a sept textes à l'approbation et les sept vont être approuvés", s'est félicitée Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique.

Les États-Unis "sont très constructifs" et "ont été extrêmement coopératifs", a-t-elle ajouté en marge d'une promenade avec ses homologues en forêt de Fontainebleau, près de Paris.

Le sommet s'achève vendredi. La France a mis au menu des discussions cinq priorités : "financer la protection de la biodiversité, préserver l'océan, sécuriser les ressources en eau, souligner les liens entre désertification et sécurité et accroître la résilience de nos territoires comme de nos infrastructures face aux risques naturels".

À Paris, un G7 environnement qui passe le climat sous silence

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G7 sur l'environnement : la question climatique omit des discussions pour ne pas froisser Washington
G7 © France 24
05:14

"La protection de l'environnement n'est plus la priorité internationale", avait-elle pourtant reconnu dans son discours d'ouverture, en présence de ministres des pays industrialisés de cette enceinte internationale et de représentants d'autres partenaires, comme les nations qui accueilleront cette année les prochaines COP sur la désertification (Mongolie) ou la biodiversité (Arménie).

Réchauffement climatique, énergies fossiles... des mots tabous

Des thèmes qui ont "tous un lien avec le réchauffement climatique", souligne Monique Barbut, tout en assumant de ne pas aborder cette question directement pour ne pas froisser les États-Unis. "Si j'avais pris la question frontalement, il n'y avait pas de G7", a-t-elle estimé.

Autre sujet tabou : la sortie des énergies fossiles, pourtant discutée dans la foulée lors d'une réunion inédite d'une cinquantaine de pays à Santa Marta, en Colombie (24-29 avril).

G7 sur l'environnement : la question climatique omit des discussions pour ne pas froisser Washington
La question climatique n'est pas directement abordée, malgré la poursuite du réchauffement sur terre et dans les océans. © Damien Meyer, AFP

"Un G7 au rythme des États-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle s'il évacue le climat, ignore les inégalités de genre et s'enferme dans une vision énergétique de court terme", regrette auprès de l'AFP Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat (RAC), qui regroupe de nombreuses ONG.

Symbole du peu d'intérêt porté par les États-Unis à ce G7, sa représentante est Usha-Maria Turner, l'administratrice adjointe chargée des Affaires internationales et tribales à l'Agence américaine de protection de l'environnement, un poste de direction de second rang.

Un financement de 600 millions d'euros pour la biodiversité en Afrique

La France espérait toutefois séduire l'administration Trump comme ses autres partenaires avec son "alliance pour le financement de la nature et des peuples", une initiative destinée à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité.

Avec une première concrétisation prévue d'ici le sommet du G7 d'Evian en juin : "je pense que nous aurons conclu une discussion sur un programme qui va être autour de 600 millions d’euros, sur l'Afrique, sur 22 pays, 144 aires protégées", a indiqué Monique Barbut jeudi soir.

Sur cette somme, 400 millions proviendraient de fondations philanthropiques, dont la moitié du seul Rob Walton, héritier du géant américain de la distribution Walmart.

G7 sur l'environnement : la question climatique omit des discussions pour ne pas froisser Washington
Des sessions sur les océans ont pour objectif de lancer une alliance des aires marines protégées. © Mladen Antonov, AFP

"Nous ne pouvons que nous réjouir que le sujet du financement de la biodiversité se soit fait une place dans les discussions", mais "ces financements doivent être additionnels et ne doivent pas compenser un désengagement parallèle des États, et notamment de la France", juge Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France.

Avec AFP